Appel du 9 Mai 2021 pour l’Amnistie des prisonniers et des exilés politiques catalans

Quelqu’un m’a dit récemment :

-Ha bon ? il y a des prisonniers politiques en Espagne ? ce sont probablement des terroristes . Qu’est-ce qu’ils ont fait de mal ? »

-Rien , ai-je répondu. Enfin on leur reproche de vouloir l’indépendance de leur Pays

-Ha tu vois ! C’est interdit par la loi de vouloir découper un pays 

-Ben, l’Irlande, l’Autriche, l’Albanie, la Norvège, La Finlande, l’Islande, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Biélorussie, la Bulgarie, la Croatie, la Moldavie, la Slovaquie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Slovénie, la république Tchèque, la Macédoine, le Monténégro, Malte, le Kosovo, la Hongrie, l’Ukraine … ont bravé les interdits pour obtenir leur indépendance, et ceci rien qu’au XXème siècle

-Et peut-être l’Ecosse au XXIème siècle!  a répondu mon ami avec un clin d’œil.

 Et peut-être l’Ecosse en effet après la victoire claire de l’indépendance aux élections et la demande immédiate d’un référendum, que Londres refuse d’envisager pour le moment. L’Ecosse se retrouve aujourd’hui dans la position de la Catalogne fin 2016 lorsque le Parlement catalan a investi Carles Puigdemont président de la généralité de Catalogne et qu’il s’est engagé à mener à bien le projet d’indépendance de la communauté autonome, référendum non accepté par Madrid.

On connaît bien ce qui s’est passé en Catalogne. Les lois référendaires ont été votées par le Parlement qui a approuvé un référendum le 1er octobre 2017. Le Tribunal Constitutionnel l’a déclaré illégal. Le référendum a eu lieu malgré une violente répression ; avec le « oui » majoritaire à 90 %, et avec un taux de participation de 43 % l’indépendance de la Catalogne est proclamée avec suspension immédiate de sa prise d’effets afin de négocier avec le président du gouvernement Mariano Rajoy. Ce dernier rejette toute négociation et annonce deux semaines plus tard la mise en application de l’article 155 de la Constitution espagnole, c’est-à-dire l’État d’urgence, la suspension du Parlement catalan et de nouvelles élections en décembre 2017. Élections gagnées à nouveau par les partis indépendantistes tandis que la répression s’abat sur les catalans. L’UE décide de détourner son regard.

 Il sera intéressant de suivre, dans les semaines et les mois à venir, la confrontation à trois entre l’Écosse, Londres et l’Union européenne. La Grande Bretagne n’est plus dans l’UE mais surtout elle n’est pas l’Espagne.

En Espagne, le président du Tribunal Suprême, Antonio Marchena, faisant preuve d’un raffinement exquis dans l’humiliation, a demandé aux 9 prisonniers politiques de se prononcer dans un délai de 5 jours sur les demandes de grâce élaborées par des tiers qui lui sont parvenues il y a 9 mois. Le délai prend fin demain 10 mai . Jordi Cuixart, Président de l’ONG Omnium cultural en prison depuis le 20 octobre 2017 a déjà répondu qu’il n’avait à se repentir de rien et que si c’était à refaire, il recommencerait. Il recommencerait à demander à la foule de manifestants à se retirer pour éviter des frictions le 20 septembre 2017, il recommencerait à voter au référendum.  Les 8 autres viennent d’annoncer qu’ils ne répondent pas à la Cour suprême espagnole parce que «la loi ne le prévoit pas et parce que ce n’est pas obligatoire».

Le tribunal a convoqué entre le 29 et le 30 juin trente-six politiciens et hauts fonctionnaires catalans pour exiger le paiement des frais du « DiploCat », l’entité de représentation de la Catalogne à l’étranger, entre 2011 et 2017. Il s’agit d’une nouvelle vague de répression qui commence.

Du 9 Novembre 2015 (date de la 1ere consultation organisée par les catalans) à aujourd’hui, la caisse de solidarité gérée entre Omnium et l’ANC a versé près de quinze millions d’euros aux tribunaux espagnols. Ils ont commencé par payer l’amende de 4,9 millions à Mas, Ortega i Rigau pour avoir organisé le 9-N; payé les 5,8 de la caution du tribunal numéro 13 de Barcelone, qui enquête sur l’organisation du référendum; la caution de 4,1 millions à la Cour des comptes imposée aux prisonniers politiques pour le même concept d’organisation du vote; et 560 000 euros de caution divers imposée aux hommes politiques et aux manifestants. Ces derniers ont été renvoyés à l’issue de certaines procédures, mais la plupart ont été réinvestis dans le paiement des peines. C’est un nouveau coup dur.

Il est à parier que l’Ecosse n’aura à affronter ni violences, ni emprisonnements, ni exil, ni représailles, ni humiliations.  Si c’était le cas, la notion même de démocratie à l’européenne volerait en éclat … sauf quand il s’agit de l’Espagne . Pourquoi ce silence ?

Silence que les Suisses ne veulent plus cautionner.  Le gouvernement suisse devra s’exprimer publiquement sur la répression, l’amnistie des prisonniers politiques et une solution politique pour la Catalogne. Le député socialiste Christian Dandrès a enregistré une interpellation parlementaire faisant cette demande. L’initiative a le soutien de vingt-deux députés de divers groupes politiques, mais surtout du Parti socialiste suisse, deuxième force de l’Assemblée fédérale. L’exécutif devra statuer pendant la première quinzaine de juin.

Avec le déconfinement progressif qui s’annonce, la 130ème veillée du Capitole pourrait reprendre ce mois-ci,  si les conditions sanitaires le permettent. 

Merci pour votre soutien.

PAU, AMNISTIA, LLIBERTAT i AUTODETERMINACIÓ
PAIX, AMNISTIE, LIBERTE & AUTODETERMINATION

Marie

PS : Les veillées hebdomadaires du Capitole de Toulouse ont pour objectif d’éveiller les consciences au sujet de la situation d’insécurité que vivent les catalans. Elles visent notamment à transmettre le message humanitaire, de solidarité et de défense des droits humains à l’encontre des 9 prisonniers politiques et de l’ensemble des citoyens catalans violemment réprimés à la suite du Référendum du 1er octobre 2017. 

Napoléon et les Pyrénées-Orientales…

« Un gouvernement nouveau-né comme le nôtre a besoin, pour se consolider, d’éblouir et d’étonner. D’ailleurs, mon principe est que la guerre vaut mieux qu’une paix éphémère. »

Par cette citation, Napoléon Bonaparte illustre clairement sa vision pour la France et pour l’Europe.

La situation générale

Le département des Pyrénées-Orientales vivait des moments difficiles et cela depuis longtemps; sachez que de 1792 à 1794, entre 20 et 30.000 soldats des troupes françaises stationnaient sur place pour repousser les armées «espagnoles» qui rêvaient de récupérer la Province du Roussillon perdue au siècle précédent; sa population étant d’environ 110.000 habitants, imaginez les problèmes. La vie était intenable aussi bien à Perpignan que dans les campagnes: les troupes françaises volaient des récoltes et des animaux pour se nourrir, pillaient des maisons, confisquaient le foin pour les chevaux de leur cavalerie, accompagnaient les prostituées de toute origine, etc. Fabre, un révolutionnaire envoyé en mission, écrit à Paris :

«les gens se sentent abandonnés dans les villages et ils n’ont plus rien à manger… La présence de l’armée républicaine risque d’être plus préjudiciable que celle de l’ennemi.» Continua llegint

De l’importance du blason

La polémique enfle du côté du « blason » de la ville de Perpignan… de Perpignan ou de Perpinyà ? Perpignan la Catalane ? Perpinyà la Dynamique ? Perpignan la Rayonnante ? Pourquoi transforme-t-on un blason ? Peut-on effacer une partie d’un blason ? Comment lui donne-t-on une autre image ? Mais ce nouveau blason, est-il un blason chargé d’histoire ou un logo à vocation commerciale, comme serait une représentation d’une marque de sucre, d’automobile ou de vêtement ?  Continua llegint

Considérations sur 14-18

1- Les responsabilités de Clemenceau.

Tout commence pour lui lorsque Napoléon III perd la guerre en 1870: l’Alsace et la Lorraine passent à l’Allemagne. L’heure de la résistance patriotique a sonné. Des insurgés prennent d’assaut l’Hôtel de Ville de Paris. La répression est menée par Jules Ferry que Clemenceau accuse de traître à la patrie. Quand les Prussiens défilent dans Paris le 18 juin 1871, il est plein de honte. La récupération de l’Alsace Lorraine sera le combat de sa vie. Il sera élu en 1876: député d’opposition laïque, d’extrême gauche, anticolonialiste. Orateur redouté, offensif, insultant, tenace, rancunier, à lui tout seul, il renverse cinq présidents du conseil! Un exemple.

Clemenceau à Jules ferry :
« Nous ne voulons plus discuter avec vous des intérêts de la patrie, ce ne sont pas des ministres que j’ai devant moi… ce sont des accusés de haute trahison ! »

Il devient président du Conseil en 1906. Mais une catastrophe minière endeuille le nord: à la mine de Courrières un accident épouvantable. Plus de 1.500 mineurs meurent au fond des mines. Les survivants réclament plus de sécurité. La grève s’amplifie. Malgré ses promesses conciliantes, Clemenceau envoie une troupe de 20.000 hommes pour exiger que les mineurs reprennent le travail.

L’année suivante en 1907, pour réprimer les révoltes du vin dans le midi viticole (plus de 180.000 manifestants à Perpignan) Clemenceau envoie la troupe : 25.000 fantassins et 8.000 cavaliers ; elle tire sur les viticulteurs à Narbonne. Continua llegint

7 de novembre 1659

« …pour faciliter le moyen d’avoir des maîtres d’école français à Perpignan et dans les autres villes du Roussillon ».

Louis XIV, le protecteur de Molière, estimait que la langue catalane « abâtardit l’esprit ». En 1681, Louvois écrivit au cardinal de Bonzy à Montpellier.

Mais les  consuls de Perpignan sont réticents ! Réponse de ces « Messieurs de Paris », prenez garde « …aux remontrances inutiles qui ne peuvent qu’être très désagréables à Sa Majesté ». Nous sommes bien évidemment persuadés de l’importance de la langue. En son temps Michelet écrivait que… Continua llegint

Crònica de Jaume I° el Conqueridor (1208-1276)

Vous découvrirez en librairie les traductions en français, notamment celles d’Agnès et Robert Vinas qui sont remarquables.

Cette chronique, appelée « Llibre dels feyts d’en Jaume Ier », est la narration de la vie du roi, racontée par lui-même; on y trouve donc beaucoup de textes à la première personne: le roi parle comme si c’était une autobiographie. Cependant, il est probable qu’il s’agit de textes qu’il a dictés. L’époque couvre la période de 1207 à 1276. Continua llegint

Bonaparte et la Campagne d’Egypte

L’Angleterre : modèle ou rivale ?

Dès la Révolution Française, et pour la toute jeune République, le principal ennemi extérieur, c’est l’Angleterre. Deux possibilités radicales pour la ruiner : soit la concurrencer sur les mers en multipliant les échanges internationaux – c’est-à-dire une bataille commerciale –, soit en détruisant ses voies commerciales – c’est-à-dire une bataille militaire –. Mais, instaurer une politique commerciale demandait des dizaines d’années de labeur national et international… alors que déclencher des campagnes militaires ne demandait que quelques semaines de préparation. La République programma donc un plan général militaire incroyablement ambitieux pour ruiner l’Angleterre : le « carburant serait la liberté ».

D’abord, un débarquement soutenu par les Irlandais, serait lancé sur les côtes d’Irlande. Puis, une escadre serait envoyée en Ecosse. Ensuite, suivrait une expédition militaire en Egypte, carrefour des lignes commerciales. Enfin, des généraux seraient chargés de préparer un plan pour conquérir l’Inde, source valorisante du commerce anglais. Ainsi, obligée de disperser ses forces dans toutes les directions, l’Angleterre s’épuiserait dans un effort immense qui dépasse ses possibilités ; c’est alors que la flotte française débarquerait sur les côtes anglaises pour assiéger Londres. Ce ne sont pas des élucubrations.

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Une session des Corts Catalanes bien remplie (1599)

Tour d’horizon.

En 1515, la Catalogne (avec le Roussillon) compte 63.000 focs (foyers), soit environ 315.000 habitants. En 1553, on approche les 390.000 et la population des plus grandes villes est estimée à : Barcelona 33.000 habitants, Perpinyà 8.000, Girona 6.600, Lleida 5.600, Tortosa 5.000, Tarragona 4.200, Valls 3.300, Vic 3.000, Reus 2.700. Le royaume de València compte 265.000 habitants et l’île de Mallorca 56.000 habitants, la ville de Palma 13.000. Les guerres et les épidémies avaient fait chuter les populations.

Depuis les Rois Catholiques, la péninsule ibérique compte trois royaumes. Le Portugal qui est indépendant. Restent le royaume de Castille et la Confédération Catalunya-Aragó-València (en rouge);  Continua llegint

Dalí et Franco

L’Indépendant du 24 août 2020 a consacré une double page à Salvador Dalí avec comme titre :

« Dali et Perpignan : un rendez-vous manqué ».

Et l’introduction pose bien le problème : « Le 27 août 1965, Salvador Dali baptisait la gare de Perpignan, Centre du Monde. Depuis, la ville n’a jamais vraiment surfé sur l’œuvre ou le personnage… Un rendez-vous manqué ? »

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Le 11 septembre…

Le traité des Pyrénées est signé en novembre 1659, mais Barcelone reste catalane. Les Castillans ne sont  pas assez puissants pour s’emparer de cette grande ville fortifiée. C’est alors que Philippe V, petit-fils de Louis XIV, demande de l’aide; les armées françaises commandées par un général français, le duc de Berwick, viennent le soutenir pour prendre la cité; après un siège de 61 jours, Barcelona tombe le 11 septembre 1714. Selon l’ingénieur militaire Verboom, voici les pertes. Le jour de l’assaut, les attaquants (Français et Castillans) comptent 2.000 morts et 6.000 blessés. Les défenseurs catalans 3.500 morts et 5.000 blessés. Barcelone a reçu 20.000 bombes et un tiers des maisons a été détruit ou endommagé.

Mon dessin que j’ai publié en 1981 est explicite :
la Catalogne est décapitée
par les armes :
le nord et le sud sont séparés contre leur volonté

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