Victoire des indépendantistes catalans et négociations obligées en Espagne

Les résultats des 4ème élections législatives en quatre ans en Espagne sont tombés dans la nuit de dimanche : aucun parti, ni aucun bloc n’obtient la majorité et les indépendantistes catalans qui ont gagné les élections en Catalogne sont en position d’arbitre qu’aucun des partis espagnols ne veut par ailleurs reconnaitre. Situation toujours bloquée donc ; l’Espagne qui refuse de traiter la question catalane s’enfonce dans la crise institutionnelle sur fond d’explosion de l’extrême droite qui crève tous les plafonds et devient la 3ème force politique d’Espagne…

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DIADA du 9 novembre 2019 à PERPINYA,

après le verdict du 14 octobre

La Diada de 2019 marque les 360 ans de signature entre les Rois de France et d’Espagne du Traité des Pyrénées, par lequel le Roussillon, le Vallespir, le Conflent, le Capcir et la moitié de la Cerdagne passent sous couronne française. Acte illégal car sans consulter les Corts Catalanes, et illégitime car contre la volonté des catalans. À partir de quoi les deux États mettent en œuvre des politiques de colonisation et de répressions des identités et structures catalanes, notamment dans la réduction de l’usage de la langue, tant administrative qu’au quotidien. Le dictateur Franco a préparé avant sa mort une monarchie parlementaire qui n’a que l’apparence d’une démocratie européenne, quand les structures militaires, judicaires et de police n’ont été adaptées qu’en apparence ; ce sont ces mêmes structures qui assurent la répression actuelle contre la Catalogne au sud des Pyrénées. Continue reading

Tension maximum en Catalogne sur fond de rapprochement PP-PSOE

https://imatges.vilaweb.cat/nacional/wp-content/uploads/2019/10/WhatsApp-Image-2019-10-30-at-11.04.43-AM-30110933-1024x682.jpegEn pleine campagne électorale pour les deuxièmes élections législatives dans la même année, le PSOE et son président du gouvernement en fonction, Pedro Sánchez, s’escriment à faire monter la tension en adoptant des positions de plus en plus fermées et provocatrices envers la Catalogne, dans le contexte d’une crise institutionnelle aigüe liée à la revendication indépendantiste catalane. Continue reading

Le « moment Tchernobyl » de l’Espagne

« L’URSS s’est effondrée car l’étayage du mensonge a remplacé la gestion de la réalité. Et c’est cela qui se passe en Espagne en ce moment. »

La semaine qui commence peut changer notre vie, celle des Pays Catalans et celle de l’Espagne. Elle en a le potentiel. Et c’est pourquoi vous me pardonnerez si, au lieu d’écrire un éditorial, je développe aujourd’hui une réflexion plus longue, une sorte de petit essai qui tente d’encadrer le moment transcendantal que nous sommes en train de vivre. Je ne peux pas expliquer de façon plus brève et plus simple ce que je pense, en partie parce que tout ceci est le fruit de décennies d’études, de vécus, de réflexion et d’engagement, ce qui, inévitablement, m’amène à d’autres pays et d’autres situations que je connais bien mais qu’il faut bien expliquer aussi. J’espère que cela aidera d’une manière ou d’une autre. Continue reading

500 000 manifestants et 86% des maires réclament la liberté pour les prisonniers et pour la Catalogne

Samedi 26 octobre 2019, douzième jour de protestations et de mobilisations massives et continues dans les rues de Catalogne

pour protester contre la condamnation des leaders indépendantistes (à 100 ans de prison). L’ANC – Assemblea Nacional Catalana – et Òmnium Cultural, les deux plus grandes organisations civiques de Catalogne, avec le soutien de plus d’une centaine d’organisations avaient appelé à manifester ce samedi dans les rues de Barcelone.

500 000 personnes ont à nouveau rempli la rue Marina de 3,5 km pacifiquement aux cris de « Llibertat », « Llibertat, presos polítics », « Independència ». Continue reading

Des centaines de milliers de Catalans dans la rue face à la police

Justice à la turque en plein cœur de l’UE : l’indépendantisme catalan puni par 100 ans de réclusion en Espagne

Lundi 14 d’octobre à 9h30 tombait le verdict du Tribunal Suprême espagnol contre les indépendantistes catalans : de 9 à 13 ans de prisons ! Les juges espagnols condamnent les présidents d’associations civiques, l’ex-présidente du Parlement de Catalogne, le vice-président du gouvernement catalan et 5 de ses ministres pour « sédition » et « détournement de fonds ». Une sentence qui place la justice espagnole au même niveau que les normes de la Turquie en pleine Union européenne. Au total, quelques 100 ans de prison pour défendre l’indépendance démocratique du pays, pour avoir organisé des manifestations pacifiques, des débats au Parlement et un référendum. Continue reading

Dans l’attente du verdict, la tension à son comble

Bruits de bottes et censure politique contre les Catalans en Espagne

Dans l’attente du verdict du procès contre les indépendantistes catalans annoncé pour la semaine du 14 octobre, la tension est allée crescendo ces derniers jours en Espagne et en Catalogne. La société se prépare à des manifestations massives, les élus et les politiques lancent des appels à la désobéissance civile et les syndicats ont annoncé des grèves générales. Continue reading

La répression s’accentue encore avec la campagne électorale

Vaste opération de mise en scène contre les indépendantistes avec 9 détenus accusés de terrorisme et mis au secret à Madrid

Un nouveau pas a été franchi cette semaine dans la répression politique en Espagne avec la détention de militants indépendantistes directement accusés de « terrorisme, rébellion et détention d’explosifs ». Les prisonniers politiques – « otages » comme les qualifient de plus en plus de Catalans – sont donc maintenant au nombre de 16 dans les geôles espagnoles.

Ce lundi 23 septembre tous les médias catalans et espagnols ouvraient leurs éditions avec les premières informations de la vaste opération, qualifiée de « razzia » par la presse catalane, menée en pleine nuit par 500 agents de la guardia civil spécialement déplacés de Madrid. Des descentes et perquisitions étaient effectués aux domiciles de militants indépendantistes. 9 personnes étaient détenues, dont 7 sont emportées immédiatement à Madrid et mises au secret dans les locaux de la police grâce au secret de l’instruction appliqué pour cette opération. La mise en scène des autorités espagnoles incluait l’enregistrement filmé des portes des appartement défoncées à grand coup de béliers, des domiciles sans dessus-dessous après les perquisitions et la « découverte » pour toute preuve, dans le local du comité des fêtes de la ville de Sabadell, de marmites et casseroles et d’un sac en plastique plein de produits pyrotechniques. Le procureur expose les résultats des perquisitions en parlant « d’éléments précurseurs susceptible de servir à la préparation d’explosifs ». C’est à dire rien.

Police et médias espagnols les accusent instantanément de « terrorisme, rébellion et détention d’explosifs »

Les personnes arrêtées, membres des CDR – les comités de défense de la République, groupes informels pacifiques et non violents formés dans toute la Catalogne après les violences de la police espagnole lors du référendum de 2017, de la suspension de l’autonomie et de l’emprisonnement du gouvernement catalan – sont accusées de « terrorismes, de détention d’explosifs et rébellion ». L’opération et l’instruction secrètes n’empêchent pas les médias espagnols de diffuser immédiatement les détails et accusations qui déclenchent l’application contre les inculpés la réglementation antiterroriste : garde à vue prolongée, pas d’avocat, pas de contact avec les familles, traduction immédiatement devant les juridictions spécialisées à Madrid.

Irrégularités et mensonges

Le monde politique catalan, mais aussi les journalistes et les avocats mobilisés dénoncent rapidement les irrégularités, les absurdités et les mensonges attachés à l’opération et relayés sans scrupules par le monde politique et les médias espagnols, la justice et la police. Fuites orchestrées par les autorités, interventions en dehors des horaires légaux, menace des maires qui se mobiliseraient, remise en liberté de deux des « présumés terroristes », enfants de 10 ans des détenus mis en joue et allongés sur le sol… La ministre de l’Éducation de Puigdemont, en exil en Écosse, Clara Ponsatí a averti sur les réseaux sociaux que « tout cela ne fait que commencer ». Parmi les élus du PP et de Ciudadanos, c’était à celui qui dirait la plus grosse énormité dans un délire éhonté de références aux attentats criminels de l’histoire récente de l’Espagne : les indépendantistes avaient été « pris avec des bombes à la main », la police avait évité une nouvelle hécatombe, les politiques et élus indépendantistes constituaient les soutiens au terrorisme…

Objectif : assimiler indépendantistes et terroristes

À la veille de la dissolution des Cortes avant les élections législatives du 10 novembre prochain et dans l’attente du verdict contre les prisonniers politiques catalans début octobre, un nouveau pas est franchi pour tenter de liquider le mouvement indépendantiste, de faire peur à la société catalane, d’assimiler indépendantisme et terrorisme, et sans doute de préparer la prochaine suspension de l’autonomie catalane et l’emprisonnements d’élus, de politiques et de militants. C’est dans ce sens que ne cessent de s’exprimer les partis espagnols, des plus virulents à droite au non moins nationaliste PSOE qui exige maintenant au président de la Generalitat et aux ministres indépendantistes de « condamner la violence [inventée] des groupuscules indépendantistes » et de « renoncer à un projet et à une idéologie illégale et qui sont un échec total » [dixit Pedro Sanchez], sous d’une répression encore plus dure. L’objectif de la « guerre sale » des pouvoirs de l’État est clair et de plus en plus explicite : neutraliser les militants et les politiques indépendantistes en les associant systématiquement au terrorisme. Le but étant de se débarrasser politiquement des adversaires indépendantistes aux prochaines élections et gagner le plus de voix possible dans les rangs du nationalisme espagnol et de l’anticatanalanisme.

Mobilisations dans toutes la Catalogne et tension croissante

Les mobilisations citoyennes ont suivi immédiatement l’opération de propagande et les détentions abusives. Les 7 personnes détenues sont gardées en « prison préventive le temps de l’instruction » alors qu’aucune preuve ni indice significatif des accusations, ni aucun fait ne peuvent être retenus contre eux. Les proches des détenus ont témoigné toute la semaine du caractère politique de l’opération de propagande, d’un récit totalement fictif inventé par juges et policiers, dans la ligne du procès de Madrid où les violences policières du référendum ont été attribuées aux électeurs pacifiques. La droite et les populistes de Ciudadanos ont même provoqué les premiers incidents au Parlement de Catalogne en insultant et en menaçant le président de la chambre et le gouvernement et se sont vus expulser de l’hémicycle. Les manifestations se sont poursuivies toute la semaine dans plus de 50 villes catalanes, concerts de casseroles et cris de « Nous sommes tous des CDR ». De même que plusieurs manifestations ont eu comme objectif des rassemblements devant les casernes de la Guardia Civil. La décrédibilisation de la justice et de la police espagnole atteint des niveaux maximums en Catalogne. La presse a rappelé cette semaine que l’appareil politico-judiciaire espagnol s’oppose à l’enquête sur les attentats djihadistes de Barcelone pour déterminer quels étaient les liens précis entre les terroristes et la police espagnole (malgré une plainte déposée par le père d’un enfant victime), ou encore que le militant d’extrême droite qui voulait assassiner Pedro Sanchez et chez qui on a trouvé un arsenal d’armes de guerre impressionnant n’a pas été inculpé de violence ni de terrorisme. Le président d’Òmnium Cultural Jordi Cuixart en prison « préventive » depuis 2 ans analyse cette offensive démesurée espagnole comme un progrès, « la prison étant un pas supplémentaire vers la victoire ».

L’État de droit et la démocratie sont de plus en plus gravement remis en cause en Espagne qui entend traiter la « question catalane » à la manière franquiste, avec la caution des plus hautes autorités politiques, judiciaires et policières, dans un silence impressionnant et de plus en plus difficile de ne pas considérer comme « complice » des autres membres de l’Union européennes, plus occupés par les évènements de Hong Kong ou de Turquie.

 Alà Baylac-Ferrer

 

Appels à la désobéissance civile

et préparation de manifestations sur fond de crise institutionnelle espagnole

Vendredi 20 septembre 2019 à Barcelone deux manifestations ont marqué le deuxième anniversaire du début de la répression espagnole contre l’indépendantisme catalan. Le 20 septembre 2017 une vaste opération de la police espagnole était déclenchée par Madrid pour tenter d’empêcher le référendum. Continue reading

Macromanifestation pour l’indépendance à Barcelone

Dépêches de Catalogne (14/9/2019) n°83

Macromanifestation pour l’indépendance à Barcelone : 10% de la population de Catalogne dans les rues pour la fête nationale

Dix ans après le début du « procés independentista » (processus pour l’indépendance), 10% de la population de Catalogne, soit quelques 750 000 personnes sont à nouveau descendues dans la rue à l’occasion de la Diada, la fête nationale de Catalogne, le 11 septembre, pour manifester leur soutien à l’objectif toujours non finalisé du mouvement souverainiste, la reconnaissance de l’indépendance de la Catalogne Sud. Continue reading