﻿{"id":682,"date":"2013-12-07T10:39:04","date_gmt":"2013-12-07T09:39:04","guid":{"rendered":"http:\/\/oliba.catnord.cat\/?p=682"},"modified":"2013-12-07T18:01:54","modified_gmt":"2013-12-07T17:01:54","slug":"espagne-la-catalogne-prend-le-large","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/?p=682","title":{"rendered":"Espagne. La Catalogne prend le large"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-683\" title=\"Liberation\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/iberation-150x113.png\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"113\" \/>FRAN\u00c7OIS MUSSEAU ENVOY\u00c9 SP\u00c9CIAL \u00c0 SANT VICEN\u00c7 DELS HORTS ET BARCELONE 4 D\u00c9CEMBRE 2013<\/p>\n<p><strong>GRAND ANGLE A Sant Vicen\u00e7 dels Horts, pr\u00e8s de Barcelone, on vit d\u00e9j\u00e0 bien loin de Madrid. Dans toute la r\u00e9gion, \u00e0 la faveur de la crise, l\u2019ind\u00e9pendantisme gagne du terrain.<\/strong><\/p>\n<p>La flamme a une allure olympique. L\u2019urne m\u00e9tallique qui lui sert de support a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e en surplomb des regards, comme si elle tr\u00f4nait, devant les balcons de la mairie pavois\u00e9s d\u2019une longue senyera, le drapeau catalan sang et or. T\u00f4t ce samedi-l\u00e0, les membres du club des cyclistes et des excursionnistes l\u2019avaient recueillie des mains de leurs comp\u00e8res de la ville voisine pour l\u2019apporter ici, sur la place de Sant Vicen\u00e7 dels Horts.<br \/>\nC\u2019est jour de f\u00eate dans cette bourgade-dortoir de 28 500 habitants, \u00e0 une cinquantaine de kilom\u00e8tres au nord-ouest de Barcelone. La correllengua, litt\u00e9ralement \u00abla langue qui court\u00bb, est une initiative annuelle du collectif citoyen CAL, qui prom\u00e8ne de ville en ville cette flamme, symbole de la \u00abr\u00e9sistance culturelle\u00bb catalane. Vers 11 heures, sous un doux soleil d\u2019automne, un ch\u0153ur s\u2019est form\u00e9 face \u00e0 la flamme pour entonner \u00e0 pleins poumons Els Segadors (\u00ables faucheurs\u00bb), l\u2019hymne national catalan inspir\u00e9 d\u2019une vieille chanson populaire faisant r\u00e9f\u00e9rence aux injustes taxes impos\u00e9es par Madrid au XVIIe si\u00e8cle.<!--more-->L\u2019hymne sert de coup d\u2019envoi \u00e0 une s\u00e9rie de r\u00e9jouissances qui durera jusque dans la soir\u00e9e : on danse la sardane, on d\u00e9guste les produits du terroir, on \u00e9difie les c\u00e9l\u00e8bres castelers, ces tours humaines auxquelles contribuent les plus petits et, selon la tradition des diables e angels diabolics, on actionne un mammouth articul\u00e9 couvert de laine d\u2019o\u00f9 explosent des p\u00e9tards et sous lequel les plus jeunes s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie et se tr\u00e9moussent en poussant des cris. Dans une ambiance champ\u00eatre \u00e0 la Jacques Tati, on d\u00e9couvre un condens\u00e9 de la culture populaire de Catalogne. Mais malgr\u00e9 les accents de kermesse, les activit\u00e9s sont v\u00e9cues avec intensit\u00e9 et discipline.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019Espagne, le reste de l\u2019Espagne, semble bien loin, n\u2019est-ce pas ?\u00bb remarque Imma Prats, \u00e9lue charg\u00e9e de la culture. Il y a, dans la voix de cette jeune femme brune, la satisfaction d\u2019avoir r\u00e9ussi la gageure de \u00abcatalaniser\u00bb la bourgade. Rien \u00e0 voir avec les provinces de Lleida ou de G\u00e9rone, o\u00f9 cette culture mill\u00e9naire est tr\u00e8s enracin\u00e9e : avec ses b\u00e2timents laids et d\u00e9fra\u00eechis des ann\u00e9es 60, sans patrimoine historique ou si peu, coinc\u00e9 entre une autoroute, une nationale et une voie de chemin de fer, Sant Vicen\u00e7 dels Horts est caract\u00e9ristique du cintur\u00f3n, cette grande agglom\u00e9ration barcelonaise peupl\u00e9e majoritairement de gens ayant \u00e9migr\u00e9 il y a trois ou quatre d\u00e9cennies du sud de l\u2019Espagne. De sorte que 70% des Vicentinos parlent le castillan et, au mieux, bredouillent le catalan.<\/p>\n<p>\u00abA la mairie, on propose des cours de langue, poursuit Imma Prats. Ce bain culturel prend du temps, on a longtemps ram\u00e9, mais cela porte ses fruits.\u00bb Pour preuve, apr\u00e8s trente ans de domination socialiste (parti espagnoliste), la municipalit\u00e9 est tomb\u00e9e en 2011 dans le giron d\u2019Esquerra Republicana (Gauche R\u00e9publicaine, ERC), formation qui pr\u00f4ne l\u2019ind\u00e9pendance et qui, en coalition avec les d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens de CiU, au pouvoir r\u00e9gional, a annonc\u00e9 un r\u00e9f\u00e9rendum d\u2019autod\u00e9termination pour 2014, malgr\u00e9 les cris d\u2019orfraie de Madrid.<\/p>\n<h2>\u00abMA\u00ceTRISER SON DESTIN\u00bb<\/h2>\n<p>Cette perspective enflamme Montse Si\u00f1ol et Ivan Barquero. Au d\u00e9part, ils ont peu en commun. Elle, 54 ans, form\u00e9e dans l\u2019administration, de famille catalanophone, un p\u00e8re pass\u00e9 pendant la guerre par le camp de concentration d\u2019Argel\u00e8s. Lui, 36 ans, technicien chez Canon, d\u2019origine castellano-andalouse, une m\u00e8re ultra-espagnoliste. Montse et Ivan partagent un m\u00eame r\u00eave : l\u2019ind\u00e9pendance. Tous les deux vivent \u00aben catalan\u00bb : la radio (la Rac 1 ou Cat Radio), la t\u00e9l\u00e9 (TV3), les lectures, les activit\u00e9s culturelles\u2026 Tous les deux se r\u00e9jouissent que les ar\u00e8nes municipales ne servent plus depuis l\u2019interdiction de la corrida &#8211; symbole de \u00abl\u2019Espagne rance\u00bb, disent-ils -, d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par le Parlement catalan en 2010. Mais cela ne leur suffit plus, ils veulent pleinement s\u2019\u00e9manciper du reste du pays, \u00abvivre dans une Catalogne souveraine\u00bb (Ivan), \u00abdans un pays qui ma\u00eetrise son destin\u00bb (Montse). Au ch\u00f4mage depuis peu, ils pensent qu\u2019alors, leur situation s\u2019am\u00e9liorera. \u00abEn Catalogne, les choses se font mieux, plus s\u00e9rieusement, insiste Ivan. J\u2019ai d\u00e9couvert cela d\u00e8s l\u2019\u00e9cole. Et puis, notre culture est diff\u00e9rente, plus flexible, moins born\u00e9e, moins agressive. Vraiment, le mieux est de divorcer, et de devenir de bons voisins.\u00bb<\/p>\n<p>Ce sont eux qui, \u00e0 Sant Vicen\u00e7 dels Horts, animent la branche locale de l\u2019Assembl\u00e9e nationale de Catalogne, l\u2019ANC, s\u00e9paratiste, qui compte 40 membres et 200 sympathisants. Ce n\u2019est pas mal pour une organisation n\u00e9e en mars 2012. A l\u2019\u00e9chelle de la Catalogne, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un collectif cons\u00e9quent avec 50 000 socios (adh\u00e9rents), dont 20 000 avec droit de vote, et 600 assembl\u00e9es territoriales &#8211; soit deux tiers des municipalit\u00e9s catalanes. A l\u2019ANC, aucun des adh\u00e9rents ne peut exercer une fonction dans un parti, et l\u2019ind\u00e9pendance financi\u00e8re &#8211; dons des membres et merchandising &#8211; est totale. L\u2019ANC se veut un mouvement citoyen, transversal (presque toutes les professions y sont repr\u00e9sent\u00e9es), sans affiliation politique. Une sorte d\u2019avant-garde de la lutte ind\u00e9pendantiste au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui, depuis longtemps, se caract\u00e9rise par un militantisme actif.<\/p>\n<p>L\u00e0 r\u00e9side la singularit\u00e9 du mouvement s\u00e9paratiste catalan : \u00e0 la diff\u00e9rence du Qu\u00e9bec ou de l\u2019Ecosse (les deux principaux mod\u00e8les, vu de Barcelone), la soci\u00e9t\u00e9 civile p\u00e8se davantage que les leaders politiques. \u00abNous avons plusieurs longueurs d\u2019avance sur eux. Sans nous, cela fait longtemps que la flamme ind\u00e9pendantiste serait retomb\u00e9e\u00bb, assure Jaume Marfany, qui travaille au d\u00e9partement de politique linguistique. C\u2019est l\u2019un des hommes forts de l\u2019ANC, il re\u00e7oit dans ses locaux barcelonais de 2 000 m\u00b2, non loin de la Sagrada Familia. \u00abNotre mouvement n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent ailleurs. A l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, c\u2019est sans aucun doute le projet collectif qui suscite le plus d\u2019engouement. Et ce en pleine morosit\u00e9 \u00e9conomique.\u00bb<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la soci\u00e9t\u00e9 catalane s\u2019est fortement \u00e9loign\u00e9e de Madrid. D\u2019apr\u00e8s un r\u00e9cent sondage de la Generalitat (l\u2019ex\u00e9cutif autonome), 54,7% des 7,5 millions d\u2019habitants sont favorables \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance (contre un tiers en 2005) et 80% approuvent l\u2019organisation d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum. Le d\u00e9clic principal, ce fut l\u2019\u00e9norme manifestation de col\u00e8re, en juillet 2010 \u00e0 Barcelone, apr\u00e8s que le tribunal constitutionnel r\u00e9duisit \u00e0 n\u00e9ant un nouveau statut d\u2019autonomie pour la Catalogne. Un terreau fertile, labour\u00e9 aussi par la crise \u00e9conomique, qui a pr\u00e9par\u00e9 la naissance de l\u2019ANC.<\/p>\n<p>En 2012, lors de la Diada, la \u00abf\u00eate nationale\u00bb du 11 septembre, l\u2019ANC organise une immense marche qui oblige le pr\u00e9sident r\u00e9gional nationaliste, Artur Mas, \u00e0 promettre un r\u00e9f\u00e9rendum. Rebelote lors de la Diada de cette ann\u00e9e, avec l\u2019organisation de la \u00abVia Catalana\u00bb, une impressionnante cha\u00eene humaine d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la Catalogne, des Pyr\u00e9n\u00e9es \u00e0 Tarragone.<\/p>\n<p>\u00abCela fait trois cents ans que nous essayons de trouver notre place au sein de l\u2019Espagne, dit Jaume Marfany. Nous avons tout essay\u00e9, de fa\u00e7on tol\u00e9rante et constructive, mais il n\u2019y a pas moyen. L\u2019heure est venue de dire \u00abbasta\u00bb.\u00bb Les dol\u00e9ances sont avant tout d\u2019ordre \u00e9conomique. D\u2019apr\u00e8s les ind\u00e9pendantistes, le syst\u00e8me de financement d\u00e9favorise la Catalogne, r\u00e9gion la plus dynamique, assurant un quart du PIB espagnol, et impliquerait un manque \u00e0 gagner de 16 milliards d\u2019euros par an. Madrid r\u00e9duit ce chiffre de moiti\u00e9.<\/p>\n<p>Le pouvoir central ayant peu investi ici, le malaise est grandissant : autoroutes payantes (gratuites dans le reste de l\u2019Espagne, hors Pays basque), infrastructures v\u00e9tustes, a\u00e9roport d\u00e9laiss\u00e9 (El Prat, pourtant plus fr\u00e9quent\u00e9 que Barajas, celui de la capitale), couloir m\u00e9diterran\u00e9en non d\u00e9velopp\u00e9, centralisme madril\u00e8ne\u2026 \u00abTout n\u2019est qu\u2019aberrations. Exemple : une voiture produite ici doit souvent passer par la Castille pour \u00eatre export\u00e9e. Comment un pays peut-il marginaliser sa r\u00e9gion la plus forte ?\u00bb s\u2019\u00e9trangle Oriol Junqueras, leader de la gauche r\u00e9publicaine ERC et maire de Sant Vicen\u00e7.<\/p>\n<h2>UN \u00abNATIONALISME OBLIGATOIRE\u00bb<\/h2>\n<p>Ricard Rosenfeld, un pharmacien d\u2019origine germano-hongroise \u00e9lev\u00e9 dans un milieu pro-franquiste, a \u00e9pous\u00e9 les dol\u00e9ances nationalistes. Il ne d\u00e9col\u00e8re pas contre une r\u00e9cente loi d\u00e9tr\u00f4nant le catalan au profit du castillan comme langue de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9cole : \u00abC\u2019est une atteinte \u00e0 notre libert\u00e9, \u00e0 notre culture.\u00bb Sa fille Anna, qui n\u2019a pas rat\u00e9 une seule manifestation de l\u2019ANC, abonde dans son sens : \u00abMadrid nous oblige \u00e0 justifier le fait que nous parlons une autre langue. Certains me demandent m\u00eame si je parle catalan dans la rue. Mais c\u2019est ma langue, ma richesse, ils n\u2019ont rien compris !\u00bb<\/p>\n<p>Certes, toute la Catalogne n\u2019ob\u00e9it pas \u00e0 la lame de fond ind\u00e9pendantiste. Outre les deux formations \u00abespagnolistes\u00bb, les partis populaire et socialiste, l\u2019ascension de Ciutadans (\u00abCitoyens\u00bb, 9 d\u00e9put\u00e9s au Parlement autonome) montre que beaucoup manifestent leur rejet. A l\u2019instar du professeur de droit constitutionnel Francesc de Contreras, l\u2019un des inspirateurs de Ciutadans : \u00abOn vit ici sous le r\u00e8gne d\u2019une esp\u00e8ce de nationalisme obligatoire et d\u2019une pression m\u00e9diatique qui veulent nous faire penser de la m\u00eame fa\u00e7on et proclament pour la Catalogne le ridicule et infond\u00e9 statut de victime.\u00bb<\/p>\n<p>Retour \u00e0 Sant Vicen\u00e7 dels Horts. L\u00e0, la spectaculaire mont\u00e9e du s\u00e9paratisme n\u2019est pas tant une affaire de langue, puisque pr\u00e8s des trois quarts ne parlent pas catalan. Elle est surtout li\u00e9e \u00e0 la peur de l\u2019avenir, alors que le taux de ch\u00f4mage a atteint 23%. De plus en plus, on se m\u00e9fie de l\u2019Etat central, jug\u00e9 inefficace, et on parie pour une nation catalane, per\u00e7ue plus proche et plus efficace.<\/p>\n<p>Fils d\u2019immigr\u00e9s andalous, affable et loquace, Manolo Garcia, 49 ans, se sent pleinement espagnol, il vibre pour le Real Madrid, ne parle pas un mot de catalan et n\u2019avait jusque-l\u00e0 jamais pr\u00eat\u00e9 l\u2019oreille aux sir\u00e8nes ind\u00e9pendantistes. Mais, en 2011, il vire sa cuti lorsque son entreprise de fibre optique, Fercable, menace d\u2019un plan social lui et 95 autres salari\u00e9s. \u00abSeuls les s\u00e9paratistes se sont d\u00e9men\u00e9s pour nous sauver et \u00e9viter la d\u00e9localisation. Cela a march\u00e9. J\u2019ai alors compris que l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9tait la seule solution pour lutter contre la crise et la globalisation.\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/monde\/2013\/12\/04\/espagne-la-catalogne-prend-le-large_964176\">Font<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FRAN\u00c7OIS MUSSEAU ENVOY\u00c9 SP\u00c9CIAL \u00c0 SANT VICEN\u00c7 DELS HORTS ET BARCELONE 4 D\u00c9CEMBRE 2013 GRAND ANGLE A Sant Vicen\u00e7 dels Horts, pr\u00e8s de Barcelone, on vit d\u00e9j\u00e0 bien loin de Madrid. Dans toute la r\u00e9gion, \u00e0 la faveur de la crise, l\u2019ind\u00e9pendantisme gagne du terrain. La flamme a une allure olympique. L\u2019urne m\u00e9tallique qui lui sert de support a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e en surplomb des regards, comme si elle tr\u00f4nait, devant les balcons de la mairie pavois\u00e9s d\u2019une longue senyera, le drapeau catalan sang et or. T\u00f4t ce samedi-l\u00e0, les membres du club des cyclistes et des excursionnistes l\u2019avaient recueillie des mains de leurs comp\u00e8res de la ville voisine pour l\u2019apporter ici, sur la place de Sant Vicen\u00e7 dels Horts. C\u2019est jour de f\u00eate dans cette bourgade-dortoir de 28 500 habitants, \u00e0 une cinquantaine de kilom\u00e8tres au nord-ouest de Barcelone. La correllengua, litt\u00e9ralement \u00abla langue qui court\u00bb, est une initiative annuelle du collectif citoyen CAL, qui prom\u00e8ne de ville en ville cette flamme, symbole de la \u00abr\u00e9sistance culturelle\u00bb catalane. 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