﻿{"id":1706,"date":"2020-05-31T18:12:16","date_gmt":"2020-05-31T16:12:16","guid":{"rendered":"http:\/\/oliba.catnord.cat\/?p=1706"},"modified":"2020-05-31T18:12:16","modified_gmt":"2020-05-31T16:12:16","slug":"echanger-le-roussillon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/?p=1706","title":{"rendered":"Echanger le Roussillon ?"},"content":{"rendered":"<h1><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-1717\" title=\"tractat jaume II mallorca FOTO 7\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/tractat-jaume-II-mallorca-FOTO-7-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/>Habituellement, on entend dire, comme on nous l\u2019a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 mille fois, que le trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es impos\u00e9 en 1659 \u00ab attache le Roussillon et la Cerdagne au royaume de France \u00bb. \u00ab Attach\u00e9 ? \u00bb Nous allons voir ce qu\u2019il faut en penser. En p\u00e9riode de guerre, une r\u00e9gion conquise peut \u00eatre soit abandonn\u00e9e, soit reprise, soit \u00e9chang\u00e9e au trait\u00e9 de paix suivant. C\u2019est courant et pratiqu\u00e9 souvent.<\/h1>\n<p>Citons un exemple. Apr\u00e8s de longues ann\u00e9es de guerre men\u00e9es par Henri IV, puis par Louis XIII, la Franche-Comt\u00e9 est conquise par Louis XIV. Bilan ? Des dizaines de villes ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9es, 150 villages ras\u00e9s ont disparu de la carte, 70 ch\u00e2teaux ont \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9s\u2026 En 1614, la Franche-Comt\u00e9 comptait 405.000 habitants, en 1657 seulement 160.000. Et pourtant, cette conqu\u00eate cher pay\u00e9e est \u00e9chang\u00e9e ; en 1668, lors du trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle, Louis XIV \u00e9change la province de la Franche-Comt\u00e9 contre trois villes au nord de Lille : Ath, Charleroi et Tournai [en Belgique aujourd\u2019hui]. Une vaste r\u00e9gion contre trois villes ? Pour quelles raisons ?<!--more--><\/p>\n<h1>1 \u2013 La bataille de Saint-Quentin en 1557.<\/h1>\n<p>Quelle est la situation en Europe ? Charles Quint a abdiqu\u00e9. Son fr\u00e8re Ferdinand h\u00e9rite du Saint-Empire Germanique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1707\" aria-describedby=\"caption-attachment-1707\" style=\"width: 512px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1707\" title=\"1 mapa\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/1-mapa.jpg\" alt=\"\" width=\"512\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/1-mapa.jpg 512w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/1-mapa-300x192.jpg 300w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/1-mapa-468x300.jpg 468w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1707\" class=\"wp-caption-text\">territoires en Europe, (en rouge sur la carte) ; les Flandres, c&#8217;est-\u00e0-dire le sud des Pays-Bas et une partie de la Belgique actuelle.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Son fils Philippe II re\u00e7oit les possessions en Am\u00e9rique, ainsi que d\u2019autres territoires en Europe, (en rouge sur la carte) ; les Flandres, c&#8217;est-\u00e0-dire le sud des Pays-Bas et une partie de la Belgique actuelle.<\/p>\n<p>En France, Henri II porte la couronne. Choisiront-ils de faire la paix ou la guerre ? Leurs banquiers les avertissent : que ce soit pour l\u2019un ou pour l\u2019autre, les finances sont \u00e0 sec\u2026 M\u00eame celles de Philippe II malgr\u00e9 l\u2019or qui arrive des Am\u00e9riques. En 1557, Henri II a 38 ans et Philippe II 30.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1708\" title=\"2 Henri Philippe 2\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2-Henri-Philippe-2.jpg\" alt=\"\" width=\"409\" height=\"268\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2-Henri-Philippe-2.jpg 409w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2-Henri-Philippe-2-300x196.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 409px) 100vw, 409px\" \/><\/p>\n<p>Par le Concile de Trente les trois \u00e9v\u00each\u00e9s de Metz, Toul et Verdun faisaient toujours partie de l\u2019Empire germanique ; cet empire a vocation f\u00e9d\u00e9raliste est vaste, impressionnant, mais les pouvoirs de l\u2019Empereur sont symboliques ; il est \u00e9lu par sept grands \u00e9lecteurs de trois de l\u2019Eglise et quatre des Principaut\u00e9s : cet empereur n\u2019a pas de vocation guerri\u00e8re. Tout \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du pouvoir centralis\u00e9 de la France. Cependant les rois de France se sont toujours m\u00e9fi\u00e9s de l\u2019Empire : une bonne excuse pour lancer une guerre\u2026 pr\u00e9ventive ! C\u2019est ainsi que le tr\u00e8s catholique Henri II, passe un accord incroyable avec des protestants, et en 1552, il s\u2019empare des trois \u00e9v\u00each\u00e9s au m\u00e9pris du trait\u00e9 sign\u00e9. De plus, il lance une nouvelle campagne en Italie o\u00f9 Philippe II poss\u00e8de des territoires qu\u2019il a h\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p>Exc\u00e9d\u00e9, le roi d\u2019Espagne \u00e9quipe une vaste arm\u00e9e pour aller guerroyer en France et si possible assi\u00e9ger Paris ; cette arm\u00e9e est compos\u00e9e d\u2019Anglais, de Flamands, d\u2019Allemands, d\u2019Italiens et d\u2019Espagnols. Elle se concentre \u00e0 Bruxelles : 60.000 fantassins, 17.000 cavaliers et 80 canons. Premi\u00e8re ville sur la route de Paris : Saint-Quentin. Le si\u00e8ge commence le 2 ao\u00fbt 1557. La ville est peu \u00e9quip\u00e9e pour r\u00e9sister, tout juste 3000 combattants, la plupart volontaires courageux, mais sans exp\u00e9rience militaire. Heureusement pour Saint-Quentin, des renforts arrivent. Passons sur diverses attaques. La bataille d\u00e9cisive se d\u00e9roule le 10 ao\u00fbt, jour de la Saint Laurent. Les arm\u00e9es fran\u00e7aises sont totalement d\u00e9rout\u00e9es : c\u2019est une v\u00e9ritable boucherie ! Certes les forces \u00e9taient in\u00e9gales, mais la strat\u00e9gie de ses chefs a \u00e9t\u00e9 catastrophique ; c\u2019est ainsi que 5.000 mercenaires allemands, qui avaient \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s par les Fran\u00e7ais, se rendent au commandant militaire de Philippe II. Le bilan est effroyable ; du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, au moins 5000 hommes tu\u00e9s et 6000 prisonniers dont un duc, un prince et un mar\u00e9chal ; du c\u00f4t\u00e9 de Philippe II, ce sont 1000 morts et bless\u00e9s qui jonchent le sol.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1709\" title=\"3 Saint. Quentin\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/3-Saint.-Quentin.jpg\" alt=\"\" width=\"578\" height=\"239\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/3-Saint.-Quentin.jpg 578w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/3-Saint.-Quentin-300x124.jpg 300w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/3-Saint.-Quentin-500x206.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><\/p>\n<p>Philippe II arrive \u00e0 Saint-Quentin : il d\u00e9couvre une ville ravag\u00e9e ; les boulets des canons ont d\u00e9truit une grande partie des maisons. Va-t-il envoyer son arm\u00e9e vers Paris qui est situ\u00e9e \u00e0 moins de 200 km, ce qui \u00e9tait son plan d\u00e8s le d\u00e9part ? Mais il n\u2019avait pas imagin\u00e9 le sombre et terrifiant tableau d\u2019un champ de bataille : des morts, des bless\u00e9s, des cris, des souffrances, des amputations \u00e0 vif, des maisons encore fumantes\u2026 Certes son arm\u00e9e \u00e9tait diminu\u00e9e, n\u00e9anmoins il pouvait continuer ; la principale raison de l\u2019arr\u00eat de la guerre, c\u2019est le choc \u00e9motionnel caus\u00e9 par le champ de bataille. Alors, il ordonne \u00e0 son arm\u00e9e de s\u2019en retourner \u00e0 Bruxelles et de se disperser.<\/p>\n<p>Plus tard \u00e0 Madrid, quand Philippe II construira l\u2019Escorial, il placera le ch\u00e2teau sous la protection de Saint Laurent en souvenir de la bataille du 10 ao\u00fbt.<\/p>\n<h1>2 \u2013 Cons\u00e9quences de la prise de Saint-Quentin en 1557.<\/h1>\n<ul>\n<li><strong>1646<\/strong> \u2013 Maintenant vous pouvez comprendre les paroles du cardinal Mazarin : \u00ab L\u2019acquisition des Pays-Bas constituerait pour la ville de Paris un boulevard imprenable : alors on pourrait dire que Paris est le c\u0153ur de la France \u00bb. Or, depuis Charles Quint, le sud des Pays-Bas (avec la Belgique actuelle), appartient au roi d\u2019Espagne.<\/li>\n<li><strong>1659<\/strong> \u2013 Trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es. Aussit\u00f4t, des ambassadeurs fran\u00e7ais rappellent au roi d\u2019Espagne le co\u00fbt \u00e9norme qu\u2019il doit supporter pour conserver les Pays-Bas trop \u00e9loign\u00e9s de Madrid : pourquoi vouloir les garder ? Faisons un \u00e9change avec le Roussillon.<\/li>\n<li><strong>1663<\/strong> \u2013 A Paris, on se pose la question suivante : doit-on d\u00e9penser des sommes importantes pour conserver la province du Roussillon, province assez petite [3700 km\u00b2], peupl\u00e9e de 45.000 habitants, province ravag\u00e9e et ruin\u00e9e par vingt ans de guerres ? De plus, en proie \u00e0 des r\u00e9voltes ! D\u2019abord celle de l\u2019abb\u00e9 de Saint Genis des Fontaines et de Manuel d\u2019Oms qui veulent livrer Collioure \u00e0 l\u2019Espagne ; puis la r\u00e9volte des Angelets et des Miquelets de Josep de la Trinxeria.<\/li>\n<li><strong>1665<\/strong> \u2013 Mort de Philippe IV, roi d\u2019Espagne. Son successeur est son fils Charles II.<\/li>\n<li><strong>1668<\/strong> \u2013 S\u00e9rie de n\u00e9gociations permanentes durant toute l\u2019ann\u00e9e : la diplomatie fran\u00e7aise, par Gourville, propose \u00e0 l\u2019Espagne d\u2019\u00e9changer les Pays-Bas contre la province du Roussillon, \u00e9change augment\u00e9 d\u2019une forte somme d\u2019argent. Mais \u00e0 Madrid, le gouvernement est incapable de prendre une d\u00e9cision. Rappelons que cette m\u00eame ann\u00e9e, par le trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle, Louis XIV a \u00e9chang\u00e9 la Franche-Comt\u00e9 contre trois villes fortifi\u00e9es au nord de Lille : Ath, Charleroi et Tournai. Donc, Louis XIV a un pied dans les Flandres, mais ce n\u2019est pas suffisant : il veut tout le pays.<\/li>\n<li><strong>1669<\/strong> \u2013 Louis XIV s\u2019occupe de l\u2019affaire de l\u2019\u00e9change. Le 21 janvier 1669, il d\u00e9l\u00e8gue \u00e0 Vienne son meilleur ambassadeur pour rencontrer l\u2019Empereur germanique afin d\u2019organiser la transaction. Fin 1669, le prince de Cond\u00e9 envoie des ambassadeurs \u00e0 Madrid.<\/li>\n<li><strong>1670<\/strong> \u2013 Louis XIV persiste : \u00ab il faut penser \u00e0 cet \u00e9change\u2026 Si avec le Roussillon, on vous donnait une grosse somme d\u2019argent, vous pourriez r\u00e9tablir vos affaires en Espagne \u00bb, r\u00e9p\u00e8te-t-on au roi d\u2019Espagne. M\u00eame l\u2019archev\u00eaque de Toulouse entre dans le jeu diplomatique ; il apporte un message \u00e0 Madrid : \u00e9change des Pays-Bas et formation d\u2019une ligue assurant la paix entre la France, l\u2019Espagne et l\u2019Empire germanique. En fin d\u2019ann\u00e9e, Louis XIV est pr\u00eat \u00e0 mettre la somme colossale de deux millions de livres dans les mains de l\u2019Empereur germanique et un million \u00e0 l\u2019interm\u00e9diaire, pour r\u00e9gler l\u2019\u00e9change.<\/li>\n<li><strong>21 janvier 1671<\/strong> \u2013 Sous la dict\u00e9e de Louis XIV, on peut lire : \u00ab ma pens\u00e9e serait, que pour cette permutation, de rendre aux Espagnols le Roussillon et le comt\u00e9 de Cerdagne en ajoutant quelques parties vers la Navarre qui les accommoderaient, et en plus, donner des quantit\u00e9s consid\u00e9rables d\u2019argent payables chaque ann\u00e9e pendant un certain temps avec toutes assurances et cautions n\u00e9cessaires \u00bb. Mais dans l\u2019ann\u00e9e, ce projet est \u00e9vent\u00e9 ; tous les pays d\u2019Europe en parlent et des livres sont imprim\u00e9s sur ce sujet. A Madrid, on pense r\u00e9cup\u00e9rer le Roussillon sans faire d\u2019\u00e9change. Louis XIV \u00e9crit \u00e0 Sagarra, qui est le pr\u00e9sident du Conseil Souverain du Roussillon, pour lui affirmer que ces rumeurs d\u2019\u00e9changes sont fausses. Les coups de main de Josep de la Trinxeria redoublent.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un ambassadeur fran\u00e7ais de passage \u00e0 Perpignan confie que<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab s\u2019il y avait \u00e9change, on verrait se promener Trinxeria dans Perpignan et que ce serait un grand homme tr\u00e8s estim\u00e9 \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1710\" title=\"4 Trinxeria\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/4-Trinxeria.jpg\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"419\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/4-Trinxeria.jpg 480w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/4-Trinxeria-300x261.jpg 300w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/4-Trinxeria-343x300.jpg 343w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li><strong>1672<\/strong> \u2013 Puisque l\u2019affaire tra\u00eene en longueur, Louis XIV d\u00e9cide de s\u2019emparer des Pays-Bas et envoie une arm\u00e9e. Rappelons qu\u2019une partie de la Hollande, se trouve en dessous du niveau de la mer. Les Hollandais cr\u00e8vent les digues et inondent une partie de leur terre. L\u2019autre partie du pays est pill\u00e9e sans vergogne par les arm\u00e9es fran\u00e7aises.<\/li>\n<li><strong>1674<\/strong> \u2013 Depuis Barcelone, San Germano dirige une arm\u00e9e dans l\u2019intention de r\u00e9cup\u00e9rer le Roussillon ; mais la conspiration de Villefranche du Conflent est d\u00e9couverte et r\u00e9prim\u00e9e. Louis XIV promet \u00e0 Juan d\u2019Austria, le nouveau ma\u00eetre de Madrid, quatre millions de livres (\u00e0 lui-m\u00eame) s\u2019il acceptait l\u2019\u00e9change. D\u2019autres ambassadeurs sont encore envoy\u00e9s \u00e0 Madrid : ils r\u00e9p\u00e8tent que le roi d\u2019Espagne n\u2019a aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 garder les Pays-bas.<\/li>\n<li><strong>1678<\/strong> \u2013 Nouvelles tractations.<\/li>\n<li><strong>1679<\/strong> \u2013 Au trait\u00e9 de Nim\u00e8gue, on parle toujours d\u2019un projet d\u2019\u00e9change du Roussillon.<\/li>\n<li><strong>1700<\/strong> \u2013A la mort de Charles II, roi d\u2019Espagne, deux candidats sont pressentis :<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1711\" title=\"5 Carles Felip\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/5-Carles-Felip.jpg\" alt=\"\" width=\"576\" height=\"227\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/5-Carles-Felip.jpg 576w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/5-Carles-Felip-300x118.jpg 300w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/5-Carles-Felip-500x197.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, Charles archiduc d\u2019Autriche (\u00e0 vocation f\u00e9d\u00e9raliste) qui est soutenu par les Catalans, il a 15 ans ; de l\u2019autre, Philippe, le petit-fils de Louis XIV, il a 17 ans. La guerre de la succession au tr\u00f4ne d\u2019Espagne menace.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>1705<\/strong> \u2013 Pacte entre l\u2019Angleterre et la Catalogne sign\u00e9 le 20 juin \u00e0 G\u00eanes ; Val\u00e8ncia et l\u2019Aragon paraphent l\u2019accord. Il s\u2019ensuit que Londres soutient la candidature de Charles. Pendant les batailles, Charles porte le titre de roi d\u2019Espagne (Charles III) et celui de comte de Barcelone, comte du Roussillon et de Cerdagne. Il convoque les Corts Catalanes et jure de respecter les \u00ab Constitucions de Catalunya \u00bb.<\/li>\n<li><strong>1711<\/strong> \u2013 Grain de sable. Le souverain de l\u2019Empire Germanique meurt. Charles est \u00e9lu pour le remplacer ! Pas facile de refuser. Les puissances europ\u00e9ennes ne peuvent accepter que le nouvel empereur r\u00e8gne en plus sur l\u2019Espagne. Alors Charles quitte la Catalogne, il porte le titres de Charles VI. Cons\u00e9quence tragique : l\u2019Angleterre abandonne la partie. Les Catalans se trouvent seuls face aux arm\u00e9es castillanes et probablement face aux arm\u00e9es du roi de France qui veut placer Philippe sur le tr\u00f4ne d\u2019Espagne. Mais, en Europe, les autres souverains s\u2019opposent \u00e0 ce que Louis XIV, place son petit-fils \u00e0 Madrid. La France et l\u2019Espagne sous la m\u00eame Maison des Bourbons ! Impensable.<\/li>\n<li><strong>D\u00e8s 1712<\/strong> \u2013 Les discussions concernant la succession d\u2019Espagne s\u2019engagent entre les grandes puissances ; de son c\u00f4t\u00e9, Josep de Vilamala, pr\u00e9sident de la Generalitat, \u00e9crit de longues lettres aux souverains d\u2019Europe ; il rappelle l\u2019historique des \u00e9v\u00e9nements ; il souligne que \u00ab Catalunya, Rossell\u00f3 i Cerdanya \u00bb sont unis.<\/li>\n<li><strong>1713<\/strong> \u2013 De cette intense activit\u00e9 diplomatique qui bouillonne, relevons les instructions secr\u00e8tes, en six points, que le Consell des Cent (Conseil Municipal de Barcelone) a confi\u00e9es \u00e0 ses ambassadeurs. Ces instructions dat\u00e9es du 23 mars 1713, insistent sur la conservation de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du territoire catalan (c&#8217;est-\u00e0-dire avec le Roussillon et la Cerdagne), retenons le paragraphe n\u00b0 5.<\/li>\n<\/ul>\n<blockquote><p>\u00ab \u2026 que aquest Principat, junt amb lo Rossell\u00f3 i Cerdanya i dem\u00e9s dependents d\u2019aquelle, queda Rep\u00fablica a part baix la protecci\u00f3 de l\u2019august\u00edssima Casa d\u2019Austria\u2026 \u00bb<em> (\u2026 que la Principaut\u00e9 de Catalogne, unie avec le Roussillon et la Cerdagne et de plus d\u00e9pendants de la Principaut\u00e9, soit une R\u00e9publique sous la protection de l\u2019auguste Maison d\u2019Autriche)<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019ambassadeur Dalmases pr\u00e9sente la requ\u00eate \u00e0 Anne Stuart, reine d\u2019Angleterre. Aux conf\u00e9rences d\u2019Utrech, le duc d\u2019Osuna, est partisan de Philippe ; il implore Louis XIV de restituer la province du Roussillon \u00e0 son petit-fils ; sachant qu\u2019il sera probablement le futur roi d\u2019Espagne sous le titre de Philippe V, ainsi la Catalogne, le Roussillon et la Cerdagne ne seraient pas s\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>1714<\/strong> \u2013 Le marquis de Montnegre, autre ambassadeur de Barcelone, va \u00e0 Vienne ; il a comme consigne de placer l\u2019\u00e9cu catalan sur la fa\u00e7ade de la maison qui l\u2019accueille, pour bien montrer aux autres pays que la Catalogne n\u2019est pas la Castille.<\/li>\n<\/ul>\n<h1>3 \u2013 Pau Ignasi de Dalmases i Ros<\/h1>\n<p>L\u2019ambassadeur le plus qualifi\u00e9 pour cette t\u00e2che d\u00e9licate a \u00e9t\u00e9 Dalmases. C\u2019\u00e9tait un homme cultiv\u00e9 et qui avait d\u00e9j\u00e0 une longue exp\u00e9rience cosmopolite. Il est l\u2019un des ambassadeurs catalans qui sillonnent l\u2019Europe pour d\u00e9fendre les libert\u00e9s catalanes. Arriv\u00e9 \u00e0 Londres, Dalmases rencontre la reine Anne Stuart. Elle \u00e9tait devenue une reine encore plus rayonnante : c\u2019est elle qui a cr\u00e9\u00e9 en 1707 le royaume de Grande-Bretagne qui regroupe l\u2019Angleterre, le Pays de Galles, l\u2019Ecosse et l\u2019Irlande. Dalmases lui remet un m\u00e9moire d\u00e9taill\u00e9 sur l\u2019historique du trait\u00e9 catalano-anglais de 1705.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1712\" title=\"6\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/61.jpg\" alt=\"\" width=\"618\" height=\"148\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/61.jpg 618w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/61-300x71.jpg 300w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/61-500x119.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 618px) 100vw, 618px\" \/><\/p>\n<p>Puis, on retrouve l\u2019ambassadeur \u00e0 La Haye, \u00e0 Vienne, \u00e0 Paris et \u00e0 Frankfurt. A la mort d\u2019Anne en 1714, son successeur George I\u00b0 se montre favorable \u00e0 la demande catalane. Il promet une aide substantielle aux Catalans. Mais, quelques jours plus tard, Dalmases apprend que Barcelone \u00e9tait tomb\u00e9e le 11 septembre 1714. C\u2019\u00e9tait trop tard.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1713\" aria-describedby=\"caption-attachment-1713\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1713\" title=\"7 Barcelona\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/7-Barcelona.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"278\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/7-Barcelona.jpg 650w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/7-Barcelona-300x128.jpg 300w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/7-Barcelona-500x213.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1713\" class=\"wp-caption-text\">Apr\u00e8s 61 jours de si\u00e8ge, les troupes bourboniennes franco-castillanes, command\u00e9es par le duc de Berwick, mar\u00e9chal de France, lancent l\u2019assaut final. Elles p\u00e9n\u00e8trent dans Barcelona par le Portal Nou.<\/figcaption><\/figure>\n<h1>4 \u2013 Le \u00ab Cas des Catalans \u00bb.<\/h1>\n<p>A Barcelone, les d\u00e9parts des soldats de la Grande-Bretagne sont mal v\u00e9cus. Dans son cahier journalier John Fontaine, un soldat irlandais, \u00e9crit en 1712 : \u00ab Quand les Catalans ont vu qu\u2019on les abandonnait, ils criaient des mots comme tra\u00eetres et tous les noms les plus vils qui puissent se dire, et la population nous lan\u00e7ait des pierres en disant que nous les avions trahis et que nous remettions les Catalans dans les mains de Philippe V. \u00bb<\/p>\n<p>Deux auteurs anglais anonymes publi\u00e8rent en 1714 \u00e0 Londres, deux livres qui firent beaucoup de bruit. En voici un extrait : \u00ab Il est \u00e9vident que les Catalans ont reconnu le roi Charles sous l\u2019influence des Anglais. M\u00eame si nous avons cess\u00e9 de soutenir l\u2019empereur, nous n\u2019aurions pas d\u00fb abandonner les Catalans. Il est navrant de penser que nos ministres sont les gardiens inaptes \u00e0 l\u2019honneur de notre nation ; nous avons eu dans nos mains le pouvoir d\u2019imposer toutes les conditions que nous aurions voulues. Allons-nous abandonner un peuple fid\u00e8le, dont l\u2019unique crime a \u00e9t\u00e9 de s\u2019associer \u00e0 nous ? Ce peuple doit-il \u00eatre sacrifi\u00e9 \u00e0 la col\u00e8re de celui qui est maintenant son roi ? Le sang de ce peuple sera-t-il un monument \u00e9ternel \u00e0 notre cruaut\u00e9 ? Tout cela touche le c\u0153ur de tout citoyen britannique g\u00e9n\u00e9reux quand ils consid\u00e8rent le cas des Catalans. Si ce peuple est abandonn\u00e9 et perdu, ne m\u00e9ritons-nous pas la censure de tous comme \u00e9tant les auteurs de sa ruine ? Le mot Catalan ne sera-t-il pas le synonyme de notre d\u00e9shonneur ? \u00bb<\/p>\n<p>Encore en 1832, une \u0153uvre britannique \u00ab The History of Spain and Portugal \u00bb rappelle que de tous les pays impliqu\u00e9s dans la guerre, l\u2019Angleterre est le plus coupable, car elle a agi sans gloire, chose qui l\u2019a conduite au discr\u00e9dit ; dans ce livre sans concession, les auteurs qualifient les Catalans de \u00ab peuple courageux et ind\u00e9pendant, qui est tomb\u00e9 lors des plus nobles luttes que l\u2019on se souvienne\u2026 les Catalans ont poursuivi la lutte contre le roi Philippe, cherchant l\u2019ind\u00e9pendance. Mais leur soul\u00e8vement s\u00e9paratiste, maintenant sans alli\u00e9s, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9. Ils ont perdu la plupart de leurs anciens privil\u00e8ges, et l\u2019utilisation de la langue catalane native a \u00e9t\u00e9 interdite dans les tribunaux. Cependant, la langue a surv\u00e9cu, en particulier dans les zones rurales \u00bb.<\/p>\n<h1>5 \u2013 Moralit\u00e9&#8230;<\/h1>\n<figure id=\"attachment_1714\" aria-describedby=\"caption-attachment-1714\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1714\" title=\"8\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/8.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"301\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/8.jpg 265w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/8-264x300.jpg 264w\" sizes=\"(max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1714\" class=\"wp-caption-text\">Finalement, le 11 septembre 1714,<br \/>le peuple catalan est vaincu par les armes. Quarante-cinq ans apr\u00e8s le trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es, nos grands-parents,<br \/>\u00ab Catalans du Nord et Catalans du Sud \u00bb, ont admis qu\u2019ils ne partageraient plus<br \/>le m\u00eame destin.<\/figcaption><\/figure>\n<p>C\u2019est la confirmation de la s\u00e9paration. En fait, nous pouvons consid\u00e9rer que la date effective du partage est le 11 septembre 1714 et non le 7 novembre 1659 date du trait\u00e9.<\/p>\n<blockquote><p>Une fronti\u00e8re rigide et inhumaine est impos\u00e9e\u2026<\/p><\/blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1715\" title=\"9 frontera\" src=\"http:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/9-frontera.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"363\" srcset=\"https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/9-frontera.jpg 560w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/9-frontera-300x194.jpg 300w, https:\/\/oliba.catnord.cat\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/9-frontera-462x300.jpg 462w\" sizes=\"(max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Des familles enti\u00e8res, des femmes, des hommes, des enfants qui avaient partag\u00e9 le m\u00eame destin pendant des si\u00e8cles et des si\u00e8cles se voient forc\u00e9s de vivre s\u00e9par\u00e9s, avec interdiction d\u2019\u00e9changer. M\u00eame aux temps anciens des Wisigoths, des Romains, des Ib\u00e8res, bref d\u00e8s que les hommes ont v\u00e9cu sur ce territoire, ce genre de fronti\u00e8re inviolable n\u2019avait jamais exist\u00e9. Le r\u00f4le des Etats \u2013 France et Espagne \u2013 consiste d\u00e9sormais \u00e0 dresser les Catalans, les uns contre les autres. Chaque Etat voudrait que le parent de l\u2019un devienne l\u2019\u00e9tranger de l\u2019autre ; l\u2019ami, l\u2019ennemi ; le confr\u00e8re, le concurrent. Un lancinant sentiment d\u2019impuissance p\u00e9n\u00e8tre secr\u00e8tement chaque famille.<\/p>\n<p>Peut-on imaginer, aujourd\u2019hui, le tremblement de terre qui a \u00e9branl\u00e9 le c\u0153ur de nos arri\u00e8re-grands-parents ? Comment se reconstruire apr\u00e8s tant d\u2019\u00e9preuves douloureuses ?<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>\u00a0Joan Villanove<\/em><\/p>\n<div id=\"fenetremailtotoPopup\" style=\"z-index: 1;\">\n<div id=\"fenetremailtopopupContentToModalMail\">\n<div id=\"fenetremailtoclosePopupModal\"><\/div>\n<div id=\"fenetremailtomailModal\">What do you want to do ?<\/div>\n<p><a id=\"fenetremailtonewCreateAppEmailButtonOpen\">New mail<\/a><button id=\"fenetremailtobuttonCopyClipboard\">Copy<\/button><textarea id=\"fenetremailtoclipboardToCopySelect\"><\/textarea><\/div>\n<\/div>\n<div><img alt=\"\" \/><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Habituellement, on entend dire, comme on nous l\u2019a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 mille fois, que le trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es impos\u00e9 en 1659 \u00ab attache le Roussillon et la Cerdagne au royaume de France \u00bb. \u00ab Attach\u00e9 ? \u00bb Nous allons voir ce qu\u2019il faut en penser. En p\u00e9riode de guerre, une r\u00e9gion conquise peut \u00eatre soit abandonn\u00e9e, soit reprise, soit \u00e9chang\u00e9e au trait\u00e9 de paix suivant. C\u2019est courant et pratiqu\u00e9 souvent. Citons un exemple. Apr\u00e8s de longues ann\u00e9es de guerre men\u00e9es par Henri IV, puis par Louis XIII, la Franche-Comt\u00e9 est conquise par Louis XIV. Bilan ? Des dizaines de villes ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9es, 150 villages ras\u00e9s ont disparu de la carte, 70 ch\u00e2teaux ont \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9s\u2026 En 1614, la Franche-Comt\u00e9 comptait 405.000 habitants, en 1657 seulement 160.000. Et pourtant, cette conqu\u00eate cher pay\u00e9e est \u00e9chang\u00e9e ; en 1668, lors du trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle, Louis XIV \u00e9change la province de la Franche-Comt\u00e9 contre trois villes au nord de Lille : Ath, Charleroi et Tournai [en Belgique aujourd\u2019hui]. Une vaste r\u00e9gion contre trois villes ? Pour quelles raisons ?<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[41,36],"tags":[],"class_list":["post-1706","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-historia","category-joan-villanove"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1706","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1706"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1706\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1719,"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1706\/revisions\/1719"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1706"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1706"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/oliba.catnord.cat\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1706"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}