Forcadell : « Le processus ne peut plus faire machine arrière, parce que la société catalane n’a plus peur »

· La présidente de l’ANC a réaffirmé à Bruxelles que le fait que la consultation ait lieu en 2014 n’est pas négociable
Carme Forcadell, présidente de l’Assemblée nationale catalane (ANC) a réaffirmé à Bruxelles que « le processus ne peut plus faire machine arrière » car la « société catalane n’a plus peur ». Elle l’a expliqué lors de la conférence « La Catalogne, un nouvel État d’Europe », qui a eu lieu cette après-midi à l’Espace Catalogne-Europe. Forcadell participe les 5 et 6 décembre à plusieurs rencontres et actes à Bruxelles dans le but d’internationaliser la revendication du peuple catalan en faveur d’une Catalogne indépendante.
Durant l’acte, la présidente de l’ANC a expliqué que « notre projet est un projet du peuple et pour le peuple. C’est grâce à la société catalane que nous nous trouvons là où nous sommes, sinon nous serions encore en train de parler de pacte fiscal ». Forcadell a souligné que l’indépendance « est le projet le plus enthousiasmant et intégrateur qu’ait jamais connu la Catalogne, parce que nous ne demandons jamais aux gens d’où ils viennent ou quelle langue ils parlent ».
La présidente de l’ANC a expliqué également que « le gouvernement espagnol est en train d’étouffer économiquement le Gouvernement de la Catalogne, pour lui faire perdre son prestige, et afin que nous arrêtions nous-mêmes le processus ». Forcadell a regretté également que soit utilisée la constitution espagnole pour empêcher les Catalans d’exercer leur droit à l’auto-détermination, et a constaté qu’il n’existe aucun empêchement légal à la consultation, mais plutôt une volonté politique. Elle a indiqué que s’il en était autrement, il faudrait changer la loi, parce que la « légalité doit s’adapter à l’opinion de la majorité de la société. Si ce n’était pas ainsi, le monde n’aurait pas évolué. Avant les femmes ne votaient pas, et il était parfaitement légal qu’elles ne votent pas ».
Poursuivant avec la consultation, la présidente de l’ANC a réaffirmé sa conviction selon laquelle « avant la fin de l’année, nous aurons une date et une question », elle a rappelé que la « question doit être claire » et a affirmé que pour l’ANC, elle ne peut qu’avoir lieu en 2014.
Forcadell a reparlé des différentes campagnes mises en œuvre par l’Assemblée, et a souligné notamment l’augmentation de la majorité sociale favorable à l’indépendance. « Notre objectif le plus important est d’atteindre toutes les personnes qui ne sont pas encore venues à nous », a affirmé la présidente de l’ANC, qui a ajouté : « nous sommes une majorité, mais nous voulons encore davantage ».
Quant à une hypothétique sortie de l’Union européenne de la Catalogne, en cas d’indépendance, Forcadell a déclaré que « le pragmatisme joue en faveur de la Catalogne », et que, comme il semble évident, les institutions européennes ne prendront pas fermement position tant que les Catalans ne feront pas le premier pas. De plus, la présidente de l’ANC a souligné le besoin qu’aux prochaines élections européennes du 25 mai il y ait une large participation de la Catalogne, et que, si cela est possible, soit créée une candidature unitaire à large spectre sociopolitique défendant sans détours le droit à l’autodétermination des Catalans.