EN QUOI L’INDÉPENDANCE EST POUR LA MOITIÉ DE LA POPULATION CATALANE LA SEULE ISSUE PERTINENTE ET ACCEPTABLE ?

Fondements historiques de cette conviction.

Cette conférence préparée en février 2020 (auteur en fin de texte), était prévue fin mars à Perpignan, en introduction d’un débat café-Diplo (initiative des Amis du Monde diplomatique de Perpignan).

Retardée du fait du confinement Covid-19, le texte de base en est publié en Mai, avant l’été. La conférence permettant débat sera annoncée dés que possible, introduite par un support dynamique décliné de ce document.

Bon cop de falç !

Bon cop de falç, defensors de la terra !

Bon cop de falç !

(refrain de « Els Segadors », version officielle de l’hymne de la Catalogne indépendante depuis 1899, la version traditionnelle datant de 1640). Continue reading

Réveillez-vous !

1 – L’incroyable expérience de Stanley Milgram.

 « Une personne qui accepte l’autorité, peut-elle se plier à des ordres qui sont en contradiction avec sa propre conscience ? »

Pouvez-vous dire OUI à une situation… alors que votre conscience vous dit NON !

Autrement dit : pouvez-vous accomplir une action que l’on vous impose de faire… alors que votre conscience vous conseille de ne pas la faire ?

Pour résoudre ce paradoxe, Stanley Milgram a lancé, entre 1960 et 1963, une série d’expériences. Voici le principe.

Le directeur (E), qui a l’autorité, supervise l’expérience. Le maître (S), qui détient le savoir, pose une série de questions à l’élève (A). Maître et élève sont reliés par un faisceau de plusieurs gros câbles électriques (en rouge). Si la réponse est inexacte, il y a une sanction : le maître doit infliger à l’élève un choc électrique en tournant un curseur. Précisons que les maitres et les élèves sont des adultes de tous les âges et de toutes les professions. Continue reading

La République Catalane… un rêve récent ?

1 – Rappel historique

Le 17 janvier 1641, Pau Claris , le président de la Generalitat
proclame la République catalane.

1 – Des racines anciennes…

Allons droit au but : les Catalans, durant leur riche histoire, ont déjà proclamé quatre fois la République Catalane. Il est impossible de comprendre la persévérance et la patience des Catalans si vous ne connaissez pas leurs institutions. En quelques mots, rappel pour les personnes qui les ont oubliées. (consultez la CARTA “En marche pour l’histoire“)

Tout commence avec la proclamation de la Trêve de Dieu à Toluges le 16 mai 1027 ; ce jour-là, le synode convoqué par l’abbé Oliba rassemblait des ecclésiastiques de l’évêché d’Elne, quelques seigneurs et des bourgeois : après des négociations probablement animées, Oliba instaure un jour et demi de paix dans l’évêché d’Elne ; une avancée extraordinaire dans une période troublée. Puis, en 1033 à Vic, le nouveau synode, convoqué par Oliba, fut enrichi par d’autres règlements consolidant la paix : le synode instaure quatre jours de paix par semaine et prescrit la protection des artisans, des commerçants et des terres agricoles. En 1214, après plusieurs autres synodes, à Lleida, il est décidé que les synodes ne seraient plus convoqués par un évêque mais par le comte de Barcelone : ainsi le nouveau nom du rassemblement se nommera « Corts Catalanes ». Ces Corts se réunissaient tous les trois ans ; les députés (toujours des nobles, des clercs et des bourgeois) rédigeaient les lois écrites et votaient, éventuellement, le montant des impôts extraordinaires espérés par le comte-roi. En 1359, à Cervera, les Corts Catalanes instaurent un gouvernement qui siègera à Barcelone : c’est la Generalitat ; ce gouvernement est constitué de trois personnes (un président qui est toujours un ecclésiastique, puis un noble et un bourgeois) ; avec le temps, ce gouvernement prendra de plus en plus de pouvoirs. Ce système sera repris en Aragon et à Valence. Ainsi se constituera la « Confederació Catalunya-Aragó-València ». Continue reading

indignation et demande de mise au point à l’Obs pour la publication des supercheries de J. Marías

Alà Baylac-Ferrer s’indigne et fait une mise au point;

Madame, Messieurs,

Je me permets de vous écrire pour vous manifester mon indignation pour la publication dans vos colonnes de propos relevant plus de la propagande, de la désinformation et de la diffamation que du journalisme. Votre revue n’est pourtant pas coutumière de ce genre de pratique. C’est même pour votre ligne éditoriale, vos valeurs et votre rigueur que j’en suis un lecteur assidu.

Je fais référence à l’interview intitulée « Nos politiciens sont médiocres et irresponsables » dans L’Obs du 16-22 avril, dans laquelle Javier Marías profère mensonges, contre-vérités et propos offensants sans qu’aucune remarque ni commentaire ne soient faits par l’interviewer. En particulier le « grand écrivain espagnol » désigne le gouvernement catalan et son président (Artur Mas en 2012) comme les responsables de l’état catastrophique du système de santé …espagnol ! Pour qui connait un tant soit peu la réalité catalane et espagnole, il n’est pas difficile de montrer que d’une part les autorités catalanes n’ont ni les pouvoirs ni les finances pour avoir une quelconque influence sur les instances espagnoles et que d’autre part c’est justement le pouvoir central espagnol qui asphyxie littéralement depuis des décennies l’autonomie catalane. Ce qui a obligé précisément le gouvernement catalan d’Artur Mas, dans la situation de crise économique, à des restrictions budgétaires rigoureuses et douloureuses. Comble du cynisme ou de la malhonnêteté de l’interviewé. Continue reading

Culture de la Castille … en creux.

Indépendantisme … et non séparatisme catalan.

Comme l’historien catalan Joan Villanove le rappelle assez régulièrement au fil des Cartes del dimecres, la tension, permanente et de période en période très vive, entre Catalogne et Castille remonte au temps où les rois d’Espagne, à partir de 1516 au moins et tant de fois depuis, ont dénié le statut historique de la Grande Catalogne et imposé à toute une Nation le paradigme centralisateur (appelé en France « jacobin ») de la Castille.

De nombreux historiens catalans et de plusieurs autres cultures d’Europe et du monde développent, avec tant de sources validées à l’appui, ce phénomène qui s’est étalé des siècles et continue dans la violence de nos jours, exacerbé depuis l’1-O (1er octobre 2017). Continue reading

Joan Pujol, l’homme qui a changé le cours de l’histoire….

Si un écrivain avait imaginé la vie de Joan Pujol, rares seraient les lecteurs qui la trouveraient crédible… Et pourtant, ce que je vais vous raconter est véridique.

Pour le jeune Joan Pujol, le mouvement le plus dangereux, c’est l’Allemagne nazie. Il veut contribuer, suivant ses paroles, « au bien de l’humanité ».

Joan Pujol naît à Barcelona en 1912. Son père dirigeait une entreprise familiale ; Joan le décrit comme un homme attaché à la démocratie et « catalaniste ». En 1936, éclate la guerre civile. Joan Pujol, profondément non-violent, découvre la montée des dictatures ; d’abord celle de Franco en Espagne, puis en Italie et en Allemagne. Continue reading

Bilan de la francisation prescrite…

Nous commençons avec des citations de deux anciens ministres gaullistes, que l’on ne peut pas accuser de mauvaise foi.

Alexandre Sanguinetti (1913-1980)
Ministre sous le Président Pompidou, député UDR.
(Etait-il pour l’Europe des Nations… les vraies ?)

« C’est la centralisation qui a permis de faire la France malgré les Français ou dans l’indifférence des Français… ce n’est pas un hasard si sept siècles de monarchie, d’empire ou de république ont été centralisateurs : c’est que la France n’est pas une construction naturelle. C’est une construction politique voulue pour laquelle le pouvoir central n’a jamais désarmé. Sans centralisation, il ne peut y avoir de France. Il peut y avoir une Allemagne, il peut y avoir une Italie, parce qu’il y a une civilisation allemande, une civilisation italienne. Mais en France, il y a plusieurs civilisations. Et cela n’a pas disparu, vous pouvez en croire un député de Toulouse ».

Alain Peyrefitte (1925-1999) Continue reading

En marche pour l’Histoire

L’intelligence et la sagesse d’un peuple se reconnaissent dans ses institutions ; elles ont été expérimentées et bonifiées pendant plusieurs générations. Cela semble le cours normal des choses. Pourtant, rares sont les peuples qui ont produit des lois écrites. Nous allons nous pencher sur les institutions catalanes en rappelant que les rois de France gouvernaient par des ordonnances (comme en Angleterre avant 1215). Continue reading

Le Syndrome de Stockholm…

Prenons appui sur le quotidien l’Indépendant. Deux articles apparemment différents m’ont interpellé : l’affaire du Castillet et l’audience au tribunal de justice.

1 – Le 26 mai 2019 page 7, sous le titre « Le Castillet, l’inconnu bien-aimé », nous lisons sous la plume de Seb :

« Octobre 1904 : des ouvriers donnent les premiers coups de pics pour détruire le bastion Charles Quint qui prolonge le Castillet. Malgré l’inscription du bâtiment aux monuments historiques, malgré les injonctions du préfet, les Perpignanais se félicitent de la disparition de cet appendice. Pourtant en pensant aimer « leur Castillet », ils viennent de l’amputer dans l’ignorance la plus totale ». Continue reading

Louis XI et les Catalans

Encore jeune enfant, Alfons étudie le latin, la grammaire, la poésie, la géométrie, l’astronomie, la philosophie ; tout cela avec une profonde formation religieuse et morale. Il parle le catalan, le castillan, l’italien, le français, le latin ; il est aussi un lecteur de la Bible en hébreu. Cette formation l’a préparé au mouvement de la Renaissance Italienne. Il prend comme devise : « Vir sapiens dominabitur astris ».

Lorsqu’Alfons V el Magnànim, comte de Barcelona, roi d’Aragó, de València, de Sardaigne, de Sicile et nouveau souverain du royaume de Naples, meurt à Naples en 1458, il a deux héritiers possibles : soit son frère Joan, soit son neveu Carles, prince de Viane, fils de Joan. Finalement, c’est Joan qui monte sur le trône et qui hérite des territoires de son frère en Méditerranée.Mais, père et fils ont l’un et l’autre des prétentions sur la Navarre qui n’a pas de souverain. Bref, Joan et son fils Carles sont « concurrents ». De plus, pour les Catalans, ressurgit l’ancien dilemme : faut-il favoriser l’expansion commerciale méditerranéenne ? Ou faut-il concentrer ses forces sur la péninsule ibérique ? Pour la majorité des Catalans, c’est la Méditerranée.
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