Le 11 septembre…

Le traité des Pyrénées est signé en novembre 1659, mais Barcelone reste catalane. Les Castillans ne sont  pas assez puissants pour s’emparer de cette grande ville fortifiée. C’est alors que Philippe V, petit-fils de Louis XIV, demande de l’aide; les armées françaises commandées par un général français, le duc de Berwick, viennent le soutenir pour prendre la cité; après un siège de 61 jours, Barcelona tombe le 11 septembre 1714. Selon l’ingénieur militaire Verboom, voici les pertes. Le jour de l’assaut, les attaquants (Français et Castillans) comptent 2.000 morts et 6.000 blessés. Les défenseurs catalans 3.500 morts et 5.000 blessés. Barcelone a reçu 20.000 bombes et un tiers des maisons a été détruit ou endommagé.

Mon dessin que j’ai publié en 1981 est explicite :
la Catalogne est décapitée
par les armes :
le nord et le sud sont séparés contre leur volonté

Le 11 septembre est le jour de « la Diada », fête nationale de la Catalogne. Curieusement, les Catalans ont choisi une défaite pour commémorer leur « nation ». D’un autre côté, supposons que les Catalans, plongés dans le désespoir, aient admis que la défaite du 11 septembre 1714 avait sonné la fin de leur nation. Une vie sans but se serait déroulée dans une région devenue anonyme et oubliée de tous. Par contre, en décidant que le 11 septembre 1714 n’avait été qu’un épisode, qu’une bataille perdue, cela signifiait que les Catalans espéraient pouvoir, un jour,  gagner la guerre. Effectivement, à ce moment-là, ils agissaient dans un objectif précis, lointain peut-être, mais possible.

Partout se chante l’hymne national : els Segadors. (Bon cop de falç ! Bon coup de faux ! Les faucheurs brandissent leurs faux pour la moisson). A l’époque (juin 1640) où ont été écrites quelques lignes du texte et la mélodie, le Roussillon était encore attaché à la Catalogne. Els Segadors est l’hymne national officiel de la Catalogne depuis 1993. Les paroles actuelles ont été écrites en 1899 par Emili Guanyavents et la mélodie a été adaptée par Francesc Alió en 1892.

Bona diada.

Ayons une pensée émue pour toutes les femmes

et tous les hommes encore en prison…

Joan Villanove