Où commence le racisme ?

1 – La situation au XV° siècle

A cette époque, la péninsule ibérique était composée de trois états : le royaume du Portugal, le royaume de Castille et la Confédération (la Principauté de Catalogne, le royaume d’Aragon et le royaume de Valéncia – chacun avec ses lois propres, ayant un même souverain descendant de Guifré el Pelós mort en 897) Environ 103.000 km².

En 1469, Isabelle de Castille épouse Ferdinand souverain de la Confédération: il s’agit d’un «mariage à titre personnel», qui n’implique pas l’union des deux Etats; donc pas d’unité de l’Espagne, contrairement à ce qui est souvent dit.

2 – La découverte de l’Amérique.

Pour conquérir Grenade, encore aux mains des musulmans, les deux souverains avaient uni leurs forces. Grenade est prise et le couple royal pénètre dans Grenade le 2 janvier 1492. Le 17 avril, à Santa Fe (résidence du couple royal pendant le siège, située à deux pas de Grenade), le secrétaire du roi, le catalan Joan de Coloma (originaire de l’Empordà), rédige le contrat qui autorise le voyage de Christophe Colomb vers les Indes: en cas de découverte, sont notés les détails concernant le partage des biens et les titres du navigateur.

Au retour de Christophe Colomb, Isabelle reine de Castille, rappela avec son autorité exaltée que c’était elle qui avait commandité le voyage; en fait, c’étaient des juifs et des banquiers de Catalogne et d’Aragon qui avaient financé l’opération. Idem pour le second voyage. Malgré tout, le caractère fort et hargneux d’Isabelle l’emporta et Ferdinand, le souverain de la Confédération, laissa faire. Ainsi, les découvertes appartiendront à la Castille. Il s’ensuivit que les Catalans, les Aragonais et les Valenciens furent exclus du nouveau monde. Ce qui prouve bien, si c’est nécessaire encore, que la Castille et la Confédération étaient séparées et que le «peuple espagnol» n’existait pas. Alors, ne disons plus que ce sont «les Espagnols qui ont fait la conquête de l’Amérique et qui ont provoqué une hécatombe chez les Indiens…».

Cependant, les Catalans demandaient régulièrement à participer à l’épopée américaine. En 1519, en réponse à une nouvelle réclamation, l’empereur Charles Quint, petit-fils d’Isabelle, répondit aux Catalans :

« Les Indes Occidentales et les îles de la Terre ferme découvertes ou à découvrir dans l’Océan sont incorporées à la couronne royale de Castille ».

Et ce sera la politique des rois d’«Espagne». Rappelons que ce n’est qu’après le traité des Pyrénées et la chute de Barcelone en 1714, que l’Espagne sera unifiée sous Philippe V. En 1778, les bateaux catalans auront enfin l’autorisation de commercer directement avec l’Amérique. Certes il y avait eu quelques francs-tireurs qui n’avaient pas suivi les ordres et s’étaient embarqués sur des bateaux castillans; pour cela, ils avaient castillanisé leur nom catalan. D’autres avaient été plus entreprenants et avaient occupé des territoires en Amérique centrale; mais la quantité des Catalans était négligeable dans la colonisation générale. Ajoutons que les Portugais et les Castillans se partagèrent l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale jusqu’au Mexique ce qui explique que, aujourd’hui, ces pays parlent soit le portugais, soit le castillan.

3 – Quelles furent les conséquences ?

A partir de ces années 1500, la population d’Amérique du Sud jusqu’au Mexique actuel fut décimée. L’hécatombe fut causée plus par les maladies que par les guerres: grippe, choléra, rougeole, tuberculose, variole, etc. Les Européens étaient immunisés contre ces maladies depuis longtemps. Les statistiques publiées sont contradictoires et varient énormément. En 1492, les communautés aztèques, mayas et autres devaient compter entre vingt et quarante millions d’habitants; en 1600, le nombre serait tombé à quelques millions. Dans certaines régions les épidémies firent 90% de victimes, dans certaines îles 100%. Mais qui aurait pu imaginer une telle mortalité avec l’arrivée des blancs? Donc, ce n’est pas évident d’accuser les découvreurs qui ignoraient que leur arrivée provoquerait une hécatombe. Par contre, posons quelques questions.

Comment a commencé la traite négrière ? Dans quelles conditions s’est-elle mise en place ? A partir de quels ports ?

4 – Mise en place de la « traite négrière ».

Suivant le système déjà en place en Castille, les terres «confisquées» par une poignée de colons castillans forment d’immenses propriétés: les encomiendas. Mais, la main-d’œuvre avait été décimée par les maladies. Comment les colons pouvaient-ils travailler les terres? Creuser des mines? Rechercher l’or et l’argent? Pouvait-on transformer les vaincus survivants en esclaves? Lors de la célèbre Controverse de Valladolid en 1550, on conclut que les peuples conquis d’Amérique, bien que non baptisés, avaient le statut d’êtres humains. Puis, on lança l’idée: les noirs sont-ils des humains? Peu à peu, on considéra que les «noirs» formaient une «race» à part facilement reconnaissable par leur couleur; ainsi, on arriva à déconsidérer le noir et à en faire une «chose», une  «machine» sans âme. Dès que ce concept se fut emparé du monde des colons, les blancs eurent la «conscience tranquille». Et nous savons que, quel que soit le concept, il est très difficile de l’effacer dans la tête des gens; c’est ce qui s’est déroulé il y a dix mille ans quand les hommes sont passés de la vie nomade à celle du sédentaire; les animaux qui faisaient partie de l’environnement, ont été considérés comme des bêtes sans aucune sensibilité au service des hommes; ils ont été «domestiqués», c’est-à-dire qu’ils sont devenus les esclaves des hommes, surtout le cheval et la vache.

Au XVI° siècle, la solution était trouvée :
importer des noirs d’Afrique.

Rappelons que l’esclavage remonte dans la nuit des temps. Tous les pays l’ont pratiqué plus ou moins durement. Par contre, entre le XVIe et le XIXe siècle, la traite des noirs fut systématique. Les bateaux allaient jusqu’en Afrique, chargeaient les noirs après avoir organisé des razzias et les amenaient en Amérique dans des conditions de transport effroyables. Les historiens avancent le nombre de cinq à six millions de personnes déracinées, femmes, hommes et enfants, ainsi envoyées en Amérique du Sud et du Nord. C’est un chiffre effarant. Certes, il y avait quelques rois noirs qui vendaient leur population à des négriers, on ne peut empêcher la «collaboration», ce qui a pu donner une certaine «bonne conscience» aux trafiquants. Mais voici une confidence d’un noir qui remet les choses à leur place:

«Dans certains secteurs, les populations avaient renoncé à vivre dans de gros villages qui attiraient les «négriers» pour se réfugier dans de petits hameaux éparpillés à l’intérieur de la forêt ; on ne pouvait y accéder que par des sentiers le long desquels on avait placé des ruches d’abeilles guerrières qui interdisaient l’accès à toute cavalerie».

L’abandon des terres en plaine provoqua la régression de l’agriculture.

5 – Louis XIV et les noirs.

Colbert remet le Code Noir à Louis XIV.

Il fallait s’assurer que la France continue à bénéficier d’un bon approvisionnement en produits tropicaux. En 1685, Louis XIV signa le Code Noir préparé par Colbert. C’est un recueil d’une soixantaine d’articles destiné à régler la vie des esclaves noirs dans les colonies françaises : Antilles, Guyane, Ile Bourbon. Pas facile, dans ces pays de minorité blanche : il y avait deux noirs pour un blanc. Régulièrement des révoltes éclataient.

 

 

Le Code Noir définissait dans le moindre détail les «droits des propriétaires d’esclaves». Conçu avec une froideur glaçante, il servit de modèle à d’autres pays. Voyons quelques règlements: les maîtres pouvaient châtier les esclaves, les fouetter, les enchaîner, les marquer au fer rouge, les émasculer, et dans les cas extrêmes, les mutiler ; l’esclave était considéré comme «un meuble». Ainsi l’article 44 précise : «déclarons les esclaves être meuble…» L’esclave pouvait être vendu, comme un animal.

Malgré tout, il existait une règle qui adoucissait leur vie quotidienne: certains étaient baptisés et instruits dans la religion de leur maître. Parfois, comme une bonté divine, il arrivait qu’un esclave soit libéré.

En France, plusieurs ports pratiquèrent ce commerce négrier. De plus, les bateaux revenaient des Amériques avec des marchandises; ce qui doublait le bénéfice. Le Havre compta 473 expéditions. Saint-Malo 241. Lorient 159. Nantes 1.744. La Rochelle 173. Bordeaux 439. Marseille 116. Sur les 1.300.000 esclaves, 200.000 moururent pendant les traversées. En Espagne, seuls les ports de Cadix et parfois de Grenade firent ce commerce. En Angleterre Liverpool, Londres et Bristol.

Remarque -> Aujourd’hui, Nantes et Bordeaux ont fini par admettre que leur ville avait été très active lors de ces opérations. Ce n’est pas facile de reconnaître que la richesse de sa ville, avec ses beaux bâtiments et ses hôtels particuliers, est le fruit de la traite négrière. D’un autre côté, les descendants des négriers ne sont pas responsables des actes de leurs arrière-grands-parents. Mais certains tiennent à établir un devoir de mémoire.

6 – Il faut compléter le panorama de la traite humaine.

Car si nous abordons le sujet de la traite des noirs, il convient de dire quelques mots sur la traite des blancs en Méditerranée commandée par les souverains d’Afrique du Nord. Les livres d’histoire évoquent plutôt des pirates organisant des razzias. En fait, des commandos se précipitaient sur les côtes chrétiennes de la Méditerranée du nord (Espagne, Italie, Grèce, etc. et même jusqu’en Islande) et ramenaient des milliers de prisonniers qui étaient vendus dans les marchés nord-africains: ce n’était donc pas des razzias de marchandises diverses. D’autres s’approvisionnaient en Afrique Noire, qui était ainsi doublement exploitée. Certains hommes étaient enchainés à vie aux rames des galères. D’autres plus chanceux (!) étaient employés aux champs où ils pouvaient être mieux nourris. Des centaines d’hommes étaient castrés pour garder les harems des femmes… du moins ceux qui survivaient à la douloureuse opération. Quant aux femmes et jeunes filles, on imagine l’usage qui en était fait. Des études récentes évaluent à un million et demi de personnes cette traite des blancs en Méditerranée qui ne s’arrêta qu’au XXe siècle.

7 – Retour en arrière : la « Nouvelle Inquisition ».

Le 2 janvier 1492, l’enclave musulmane de Grenade est prise par Isabelle reine de Castille et Ferdinand souverain de la Confédération. Chrétiens-Catalans et Juifs-Catalans n’ont jamais constitué un problème pour les autorités religieuses ou civiles. Sauf exceptions parfois brutales lors des vagues antisémites en Europe, il existe peu de barrières entre juifs et chrétiens, même si les juifs vivent dans leur propre quartier; généralement la coexistence est réelle. Il arrive même que les juifs soient arbitres entre chrétiens. A Saragosse, en 1414, une assemblée de juifs se réunit dans le monastère Saint-François pour discuter d’un important contrat. En 1492, l’évêque d’Elne prend les juifs sous sa protection et leur permet de vivre selon leurs rites.

En Castille, les juifs, de tout temps, ont eu à subir d’extrêmes violences et beaucoup se sont convertis avec plus ou moins de sincérité; malgré tout, les Castillans de vieille souche leur sont hostiles.

Certes, à Barcelone, il existe un ancien tribunal de l’Inquisition, mais son pouvoir est limité, car avant toute poursuite, il doit se plier aux strictes lois des Constitutions de Catalogne. Quand en 1478, Isabelle et Ferdinand décrètent la Nouvelle Inquisition, qu’ils nomment Santo Oficio, il s’agit avant tout d’un problème Castillan. Lorsque le couple royal voulut instaurer l’Inquisition dans la Confédération, la résistance fut très ferme: la Generalitat, le Conseil des Cent de Barcelone (Mairie), des dizaines d’ecclésiastiques et les Consols de Mar (juristes du trafic maritime) refusent catégoriquement. Finalement, quand l’inquisiteur nommé par Isabelle arrive à Barcelone, il n’y a même pas un délégué de la Generalitat ou du Conseil des Cent pour l’accueillir. A València, même rejet: les constitutions s’y opposent. Passant outre, le 31 mars 1492 le couple royal signe l’Edit de Bannissement: les juifs doivent quitter la Castille et la Confédération, sauf s’ils se convertissent. Pour beaucoup de juifs, commence un douloureux exode.

Edit de bannissement

Migration des juifs expulsés…

En 1875, Juan Valera, historien et philosophe castillan écrit:

«la fièvre d’orgueil avait saisi le royaume de Castille. Nous avons cru être le nouveau peuple de Dieu et avons confondu la religion avec l’égoïsme patriotique».

Juan Llorente, dernier secrétaire général de l’Inquisition entre 1789 et 1801 dévoile dans son «Histoire de l’Inquisition d’Espagne» (1817):

«le véritable but de l’Inquisition était de s’emparer des biens des juifs».

Remarque -> en 1992, le Roi d’Espagne a présenté les excuses de l’Etat Espagnol aux descendants des juifs sépharades expulsés en 1492.

8 – Aux Corts Catalanes de 1585 sous Philippe II roi d’Espagne…

Les députés catalans prennent la parole. En ce qui concerne, l’Inquisition, les députés demandent:

  • que l’inquisiteur général jure d’appliquer et de respecter les «Constitucions de Catalunya»,
  • que le nombre de familiers (genre de correspondants de l’Inquisition) ne dépasse pas les cinquante personnes,
  • que ces familiers se plient à certaines règles avec le retour à la Concordia de 1512 écrite par Ferdinand; interdiction d’être ecclésiastique et d’utiliser des armes; jugement des familiers coupables par la justice ordinaire, etc.

On rappelle au roi que le Consell des Cent de Barcelona a retiré les chaises réservées aux inquisiteurs lors des réunions. Finalement le roi n’accorde que quelques points de détails. Bref la Nouvelle Inquisition est très mal accueillie en Catalogne.

9 – Expulsion des Morisques :

Parlons maintenant de la malheureuse expulsion des Maures ordonnée par Philippe III roi d’Espagne. Quand on parle des Maures, je vous parle de ceux qui ont été contraints de se convertir au christianisme : ce sont les Morisques. Les Castillans leur reprochent de continuer à parler arabe et de conserver des coutumes non chrétiennes. Les Morisques ne sont pas des nobles et des indigents, ce sont des travailleurs, cultivateurs, artisans, jardiniers, etc.

Le décret d’expulsion des Morisques est signé le 4 avril 1609:

en octobre pour ceux de València ; en avril 1610 pour ceux d’Aragó et de Catalunya.

C’est ainsi que 135.000 Maures de la région de València (soit plus du tiers de la population) sont expulsés, 60.000 en Aragó, 4.000 en Catalunya, 45.000 en Castille. Evaluation difficile : on évoque aujourd’hui le nombre total de 270.000.

Les dizaines de milliers de Moriscos sont embarqués
sur une flotte à destination des côtes d’Afrique du nord.

En plus des souffrances humaines, les conséquences sont graves pour València: baisse de la production agricole et industrielle, faillite de la Banque de Change, la moitié de la noblesse ruinée, villages parfois totalement vidés, etc. C’est ainsi qu’un grand peintre de la Renaissance, Josep Ribera, quitte València pour s’installer à Naples. L’expulsion des Maures, s’inscrit dans la volonté, d’arriver à une «unité raciale et religieuse», garantie d’un état national. Dois-je vous dire que les Catalans, qui ont toujours fait preuve d’hospitalité, assistent à cette expulsion avec douleur. Bref, une fois de plus, on ne voit pas comment Catalans et Castillans peuvent encore trouver quelques points d’entente. La Castille a échoué dans son œuvre assimilatrice: à cette époque

«l’unité nationale de l’Espagne est un mythe».

Remarque -> Le 25 novembre 2009, le Congrès des députés espagnol a adopté une proposition visant à la «reconnaissance institutionnelle de l’injustice commise à l’encontre des Morisques».

10 – Et les Catalans dans tout cela ?

Moralement, quelle «chance» pour les Catalans d’avoir été absents de ces deux hécatombes: celle des peuples amérindiens décimés et celle de la traite négrière. Certes, les Catalans ont été écartés par autorité royale et non par choix. De même, ils ont assisté, impuissants, à l’expulsion des Juifs et des Morisques. Mais dès qu’ils le pourront, ils vont prendre une autre voie, plus honorable: celle de l’humanitaire. Quelques exemples.

Pere Claver (Urgell 1580- Colombie 1654). Le jésuite Pere Claver consacra sa vie à la défense des indiens et des esclaves africains qui débarquaient, toujours maltraités et déconsidérés. Durant toute sa vie, il leur donna une formation religieuse, leur porta assistance dans leurs besoins sanitaires et sociaux et favorisa leur intégration dans la société coloniale de l’époque. On le surnomma « Apôtre des Noirs ». Il fut canonisé en 1888, d’où son nom : Sant-Pere Claver.

Juníper Serra (Palma de Mallorca 1713-Monterrey Californie 1784). Il fut l’évangélisateur de la Haute Californie ; il apporta aussi des techniques pour bonifier l’agriculture et l’élevage, avec semences et bétail. Dans toutes ses activités, il prit la défense des « indigènes » et il apprit leur langue. Il fonda neuf villages missions sur la côte Pacifique en Californie. Aujourd’hui à Washington, dans l’immense hall circulaire du congrès des Etats-Unis, chaque statue représente un Etat des Etats-Unis ; soit pour les 50 Etats, 50 statues ; l’Etat de la Californie est représenté par la statue de Frère Juníper Serra.

Statue de Juníper Serra à gauche

Antoni Claret (Barcelone-1807-Fontfroide 1870). Après le séminaire de Vic, il fut nommé archevêque de Santiago de Cuba en 1850. Il renouvela la vie diocésaine. De plus, il lança de vastes opérations: alphabétisation, diminution de la pauvreté, création de fermes écoles, caisse d’épargne, création d’écoles d’arts et de métiers dans les prisons pour trouver un travail à la sortie, etc. Il s’opposa au trafic d’esclaves. Son œuvre sociale fut si importante qu’il échappa à plus de quinze attentats. Il a fondé la Mission des Clarétiens qui est présente dans 63 pays au monde : 484 maisons, 19 évêques, 169 moines, etc. Il a été canonisé en 1950 par Pie XII, d’où son nom: Sant-Antoni Claret.

Pere Casaldàliga (Bages 1928, toujours en vie à 92 ans). Après ses études à Vic, il est ordonné prêtre en 1952. Il s’installa au Brésil et consacra sa vie à la défense des pauvres contre l’injustice du monde. La population dans le Mato Grosso était considérée comme des esclaves par une poignée de propriétaires terriens à la tête de centaines de milliers d’hectares. En 1971, il est sacré évêque et tiendra ses engagements humanitaires pendant trente trois ans… malgré plusieurs tentatives d’assassinats. Ses livres écrits en catalan, castillan, portugais sont traduits en allemand et en anglais. Sa vie a été racontée dans un feuilleton télé en Catalogne (primé au festival européen, creu de St Jordi).

Le cœur des Catalans peut se sentir plus léger…

Ils furent absents de la conquête américaine qui amena une série de malheurs involontaires ou intentionnels. Ecartés de l’Amérique, il leur restait la Méditerranée, mais le gros volume des affaires se concentrait maintenant en Atlantique. En tant que nation et la conscience tranquille, les Catalans vont relever la tête ; avec leur goût prononcé pour la paix, ils trouveront les moyens de construire leur bien-être grâce à leur sagesse, leur intelligence et leur travail.

Moralité ? Ce sont les objectifs de cette Carta

Vous entendez régulièrement :

« Les Espagnols ont décimé les populations d’Amérique du Sud ».

C’est à vous de rectifier :

« Les Catalans étant interdits d’aller en Amérique,

les seuls responsables ce sont les Castillans ».

Pour la traite des noirs en France et en Espagne ?

« Les Catalans étaient absents »

Pour l’expulsion des Juifs d’Espagne?

« Les Catalans y étaient opposés »

Et pour l’expulsion des Morisques d’Espagne ?

« Les Catalans y étaient opposés »

 Joan Villanove