Réveillez-vous !

1 – L’incroyable expérience de Stanley Milgram.

 « Une personne qui accepte l’autorité, peut-elle se plier à des ordres qui sont en contradiction avec sa propre conscience ? »

Pouvez-vous dire OUI à une situation… alors que votre conscience vous dit NON !

Autrement dit : pouvez-vous accomplir une action que l’on vous impose de faire… alors que votre conscience vous conseille de ne pas la faire ?

Pour résoudre ce paradoxe, Stanley Milgram a lancé, entre 1960 et 1963, une série d’expériences. Voici le principe.

Le directeur (E), qui a l’autorité, supervise l’expérience. Le maître (S), qui détient le savoir, pose une série de questions à l’élève (A). Maître et élève sont reliés par un faisceau de plusieurs gros câbles électriques (en rouge). Si la réponse est inexacte, il y a une sanction : le maître doit infliger à l’élève un choc électrique en tournant un curseur. Précisons que les maitres et les élèves sont des adultes de tous les âges et de toutes les professions.

La décharge électrique est légère au début ; puis, à chaque mauvaise réponse, le voltage augmente. L’élève commence à gémir, puis au fur et à mesure que les réponses incorrectes s’accumulent, il crie sa douleur qui est de plus en plus forte… Le maître arrive maintenant à la limite du curseur avant le rouge qui indique :

« Attention, choc dangereux ». Le maître continue malgré tout.

En fait, l’élève (A) est un acteur qui joue la comédie car il ne reçoit aucune décharge électrique. Le maître (S) l’ignore.

La majorité des participants, qui jouent le rôle du maître, continue à infliger des chocs jusqu’au maximum prévu (450 V) et ce malgré les plaintes insupportables et des cris de l’élève qui supplie et implore « pitié ». Si le maître désire arrêter l’expérience, s’il hésite, le directeur (E) représentant de l’autorité suprême, lui adresse, d’un ton dominateur et autoritaire, ces commandements dans cet ordre :

« Veuillez continuer s’il vous plaît. »

« L’expérience exige que vous continuiez. »

« Il est absolument indispensable que vous continuiez. »

« Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer. » 

Mais, si le maître souhaite vraiment s’arrêter après ces quatre commandements, l’expérience est interrompue.

Pour les autres, l’expérience continue. Le curseur électrique devant ses yeux, le maître est angoissé. L’élève n’a pas répondu correctement à sa dernière question ; il a déjà reçu de nombreuses décharges. Le maître s’interroge : « dois-je lui envoyer les 450 volts ? » Devant lui, la manette va maintenant au-delà de la zone danger, elle est marquée de trois « XXX ». Le maître est au pied du mur :

« Va-t-il aller contre sa conscience par crainte de l’autorité du directeur ? »

C’est pourtant ce qui se passe dans 70 % des cas : le maître pousse le curseur à fond et l’élève hurle sa douleur ! L’expérience prend fin quand le maître a administré trois décharges maximales en poussant la manette marquée de « XXX »

2 – Moralité :

Selon le psychiatre Louis Crocq :

« L’obéissance aveugle efface les jugements personnels et puis, un jour, la dictature disparaît. Ceux qui l’ont encensée ont la curieuse sensation de s’être réveillés d’un affreux cauchemar ».

 

 3 – Une personne peut-elle « se réveiller » après un massacre ? Une communauté peut-elle « se réveiller » après qu’une peur profonde se soit emparée d’elle ? Comment se reconstruire ? Un exemple : la Vendée.

Chacun peut penser en toute liberté de conscience que, au cours des siècles écoulés, l’Eglise chrétienne a accumulé beaucoup de fautes et que la royauté est un système périmé… mais vous ne pouvez pas demander à des centaines de milliers de personnes de rayer de leur vie et de leur mémoire l’Eglise et le Roi en quelques jours, voire en quelques semaines. Pourtant, c’est ce que les révolutionnaires parisiens ont exigé dans les départements de la République : suppression des fêtes religieuses, plus de sacrements des morts et des naissances, nomination d’étrangers aux affaires locales, paiement par assignat qui n’ont aucune valeur, etc. Premier avertissement adressé à l’obscurantisme : le jour de Noël, à Rennes, 90 personnes sont envoyées à la guillotine.

Puis, les révolutionnaires voient plus grand : la Vendée. Fidèle à l’Eglise et au Roi, elle est perçue comme l’ennemie irréductible de la République. La Convention publie un décret officiel. Retenons l’article N° 6 : « il sera envoyé en Vendée des matières combustibles de toutes sortes pour incendier les bois, les taillis et les genêts ». Les républicains qualifient la campagne militaire de « promenades patriotiques ». La Vendée est avertie. Evidemment, cet épisode est difficile à résumer en quelques lignes… Voyons quelques faits marquants.

 Le général Turreau préconise d’anéantir la Vendée.

« Il faut prendre de grandes mesures, il faut exterminer tous les hommes qui ont pris les armes et frapper, avec eux, leurs pères, leurs femmes, leurs soeurs et leurs enfants. La Vendée doit n’être qu’un grand cimetière national ».

 

En 1793, le général Westermann dresse le bilan de son activité militaire ; de retour à Paris, voilà ce qu’il annonce au Comité de Salut Public de la République :

« Il n’y a plus de Vendée ! Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes, qui au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé ».

Que faire des prisonniers ?

« Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant qu’en certains endroits ils font pyramide. On fusille sans cesse car à chaque instant, il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Nous ne faisons pas de prisonniers ; il faudrait leur donner le pain de la liberté, or la pitié n’est pas révolutionnaire ».

Le général Westermann, surnommé le « boucher de Vendée ».

Charette l’un des plus célèbres commandants des chouans, est fusillé le 29 mars 1796 à Nantes.

La répression se poursuit avec toutes sortes de techniques : la guillotine, les fusillades en groupes sur la crête d’une carrière, les noyades dans la Loire, les prisons où on meurt de malnutrition ou d’épidémie, les tortures comme crever les yeux ou arracher la langue, etc. A Angers, les Représentants en Mission, font fusiller 1.896 personnes en huit groupes de 237 personnes enchaînées les unes aux autres ; elles tombent dans une tranchée : leurs corps sont aussitôt recouverts de terre. Rien que dans le département de Maine et Loire, on dénombra 9.000 morts, dont 7.000 par la guillotine ou par la fusillade.

Voici, parmi tant d’autres, trois horreurs pratiquées par les révolutionnaires de la République.

- Première horreur : l’indifférence. Le commissaire Félix jouait à pile ou face ; sans jugement, devant chaque nom des personnes condamnées, il écrivait une lettre soit « F », soit « G » : F (à fusiller) ou G (à guillotiner).

L’armée des Vendéens : les chouans

- Deuxième horreur : l’épouvante. Les révolutionnaires obligeaient des hommes et des femmes à se déshabiller ; puis, ils pratiquaient le « mariage républicain » : une femme et un homme entièrement nus et pris au hasard étaient attachés sous les aisselles et montrés longuement au public ; deux possibilités : soit ils étaient jetés dans la Loire, soit on les entassait par centaines, les uns contre les autres, sur de grandes barques ; de la rive, les révolutionnaires tiraient sur les barques qui s’enfonçaient sous les flots tandis que montaient des hurlements effroyables. Le lendemain, ceux qui avaient dépouillé ces malheureuses victimes, vendaient les vêtements et les bijoux sur les marchés.

La description d’une noyade fut lue à haute voix à la Convention à Paris le 21 vendémiaire de l’an III (12 octobre 1794) : « Sont noyées dans une barque 41 personnes, dont 2 hommes et un vieillard aveugle de 78 ans, 12 femmes, 15 enfants dont 5 à la mamelle et 10 autres de 6 à 12 ans… » Les séances de noyades dans la Loire ont f ait disparaître 7.000 – peut-être 9.000 – femmes, hommes et enfants. Le principal responsable vanta les mérites de la « baignoire nationale ». Certains décrivaient la « déportation verticale ». D’autres s’écrièrent avec enthousiasme : « Quel torrent révolutionnaire que la Loire ! ».

Organisation des noyades et des mariages républicains.

Comment améliorer le rendement ? Carrier proposa en novembre 1793 :

« Faites empoisonner les sources d’eau. Empoisonnez du pain que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands et laissez faire l’effet… Vous tuez à coup de baïonnettes… tuez-les à coups d’arsenic, cela est moins dispendieux et plus commode ».

- Troisième horreur, l’écœurement. A Angers et à Meudon, les révolutionnaires mirent en place une tannerie de peau humaine ; les morts de la Vendée étaient écorchés pour faire des culottes de cavalerie.

4 – Quel est le bilan ?

Le nombre des victimes en Vendée est difficile à évaluer. Les historiens l’estiment à 200.000 personnes ; la revue « Histoire Magazine » titrait en août 1980 : « un holocauste français : la Vendée » et annonçait 270.000 morts sur quatre départements ; d’autres historiens n’hésitent pas à utiliser le mot terrifiant de « génocide en Vendée ».

Philippe de Villiers, ancien ministre et fondateur du Puy du Fou, avait demandé à Mitterrand que le nom « TURREAU » soit effacé sur l’Arc de Triomphe. Pas de réponse. En 2017, le juriste Villemain a déclaré : « un geste fort serait d’effacer le nom du général Turreau de l’Arc de Triomphe. C’est symbolique, bien sûr, mais dans ce domaine les symboles sont importants ».

Les Catalans pourraient demander d’effacer le nom de SUCHET ; ce maréchal a incendié et détruit le monastère de Montserrat après avoir volé les peintures, les objets en or et en argent, les livres, les manuscrits et tous les parchemins ; lors de son retour en France, dans le convoi, il avait camouflé, pour lui-même, deux chariots d’objets volés en Catalogne ; le sous-préfet Jaubert de Passa a décrit de quelle manière ils ont traversé Perpignan dans le plus grand secret.

Les Catalans pourraient demander d’effacer aussi le nom de DUGOMMIER qui a pillé, incendié et ruiné l’Empourdan.

N’oublions pas que ces mêmes révolutionnaires, en 1793, avaient adopté la Déclaration des Droits de l’Homme rédigée en 1789 ; précisons qu’elle avait été ratifiée par Louis XVI. Ainsi la France est un pays qui a écrit une « Déclaration », ce qui ne signifie pas qu’elle s’engageait à son « Application ».

Un mot tout de même sur les carrières de ces « grands défenseurs des idées de la République française ». Turreau, que nous pourrions croire attaché aux valeurs républicaines se rallia à l’empereur Napoléon I° : il fut gouverneur du Piémont, ambassadeur aux Etats-Unis, baron d’empire ; lorsque roi Louis XVIII monta sur le trône, il lui jura sa fidélité.

En Roussillon, nous avons le même parcours avec Milhaud ; il est un ami du tristement célèbre Carrier ; Milhaud est un Représentant en Mission nommé par Paris et qui a pleins pouvoirs ; dès qu’il pose le pied à Perpignan, il organise le Tribunal Militaire qui jugera sans possibilité d’appel ; entre janvier et mai 1794, il condamne à la guillotine, 58 personnes, notamment le maire de Perpignan : « nous ne saurions nous apitoyer sur le sort de ces monstres qui ont tenté de trahir leur patrie ». La Terreur est arrivée en Roussillon. Il écrit à Paris : « il est de la plus grande urgence que vous nous envoyez une centaine de bons jacobins pour évangéliser le département… »

 

Les deux armées républicaines vivaient sur place aux crochets de la population : pour se nourrir, pour le logement, pour les chevaux, etc. Milhaud publia en français (compris seulement par une poignée de Catalans) : « Citoyens, frères et amis, Tout individu qui refuserait d’obéir aux réquisitions de la municipalité sera pour la première fois condamné à être exposé et attaché pendant quatre heures sur la guillotine, portant sur l’estomac l’inscription suivante : ennemi du bien public… Salut, fraternité et victoire ». Mais le soir venu des orgies pullulaient dans les milieux militaires, encouragées par des femmes qui suivaient les armées de région en région ; régiments composés d’hommes venant de Prusse, de Hollande, de Savoie et de Suisse.

Vous vous dites : « voilà un homme de convictions, grand ami de Carrier ! » Voyons cela. Il se rallie à Napoléon qui le nomme général de brigade, puis général de division en 1806 ; après l’abdication de l’empereur, il se rallie à Louis XVIII… Pour les Cent jours (c’est-à-dire le retour de Napoléon), il se replace de son côté. Après Waterloo, il se rallie à nouveau à Louis XVIII, puis au roi Louis-Philippe I° en 1830. Faut-il conserver son nom gravé sur l’Arc de Triomphe ? Qui était-il ? Un révolutionnaire ou un royaliste ? Il était marié à une Perpignanaise Marie-Anna Lignères ; à sa mort le registre d’état civil mentionne : « elle était l’épouse de monsieur le comte de Milhaud, lieutenant général à la retraite ». Bien joué citoyen jacobin !

En France, nous pourrions multiplier les exemples par dizaines. Désormais, ce pays est à considérer comme un « empire composé de régions », et plus il compte de régions, plus son produit est élevé ; il devient donc possible d’en tirer des avantages financiers. C’est un « Etat artificiel » où chacun peut faire une carrière… sans avoir ni d’idéal, ni de convictions. Tout à l’opposé des communautés qui forment une vraie nation comme celle des Vendéens, des Bretons, des Basques, des Alsaciens, des Catalans. Alain Peyrefitte, un ministre gaulliste d’une belle lucidité, a confirmé :

« L’Etat français a accouché de la nation française. Elle est la création artificielle d’un Etat interventionniste, dirigiste, hostile à l’initiative, méfiant à l’égard de la province ».

Bref, la majorité de ces révolutionnaires, que l’on croit sincères, se sont comportés comme des « épiciers » qui suivaient l’air du temps ; ces « buveurs de sang » se sont acharnés sur ceux qui avaient l’amour et le respect de leur communauté ancestrale pleine de sagesse, bref ils ont pourchassé les personnes les plus sincères qui avaient quelque chose à préserver.

A partir de cette époque, l’individu qui veut faire de la politique, aura-t-il la possibilité de prendre la carte d’un parti ? Nous parlons d’un parti constitué autour d’un programme, avec des idées nettes et précises ; ce parti historique n’existe pas ; il fonde donc son propre parti avec un nouveau nom « dans l’air du temps » ; ensuite, il rassemble des adhérents autour de sa personne. Ce mouvement s’éteindra avec son meneur… en attendant un autre mouvement. C’est ainsi que depuis la Révolution, que je qualifie de révolution parisienne, des centaines de partis politiques, plus ou moins éphémères, ont vu le jour.

Relevons les noms du Mouvement Gaulliste qui n’a même pas gardé son nom d’origine, malgré le prestige de son fondateur.

 

 

 

1947-1955 -> RPF.

1955-1956 -> URAS.

1956-1958 -> RS.

1958-1962 -> UNR.

1962-1967 -> UNR.UDT.

1967-1968 -> UD V°.

juin 1968 -> UDR (démocr)

1968-1976 -> UDR (défense)

1976-2002 -> RPR.

2002-2015 -> UMP.

2008 -> DLR.

2015 -> LR.

 

 

 

Tout cela prouve bien que, en France, il n’y a pas de partis politiques historiques, avec son programme stable, comme aux Etats-Unis (avec le Parti Démocrate fondé en 1830 et le Parti Républicain en 1860) ou comme en Angleterre (avec le Parti Conservateur fondé en 1834 et le Parti Travailliste en 1900). A partir du moment où l’élection lui sourit, le nouvel élu ne doit pas sa réussite aux idées inscrites dans un parti historique, mais sur l’image de sa personnalité. Ce qui donne à cette république une consanguinité de « royauté déguisée ». Seule reste en place la même administration.

Revenons à la révolution. Aujourd’hui, la majorité d’entre nous critique, avec juste raison, l’Inquisition Espagnole avec son lot de tortures et de bûchers. Pourtant, une seule journée de Terreur, uniquement en Vendée, a fait plus de victimes que trois siècles d’inquisition espagnole ; en Espagne, les suspects étaient jugés par le tribunal de l’Inquisition dirigé par des juristes laïques qui exigeaient des preuves matérielles et des témoignages humains toujours très longs à rassembler. La plupart des personnes poursuivies avaient eu le temps de prendre la fuite.

 

5 – Les Vendéens « se sont réveillés » : ils ont fait le Puy du Fou.

Si un jour le cœur vous en dit, allez visiter le Puy du Fou créé en 1978 par Philippe de Villiers. Sa réussite est exemplaire : il a été élu « meilleur parc au monde ». Pourtant, vous pourrez voir, avec une émotion saisissante, une longue exposition des cruautés infligées aux Vendéens par les révolutionnaires telles que je vous les ai décrites. Ce ne sont pas les Vendéens qui auraient tourné le curseur électrique dans l’expérience de Stanley Milgram.

Ils ont osé être eux-mêmes : ils ont réussi.

 

 

6 – Et chez nous en Roussillon et en Cerdagne ?

Les Catalans du Nord oseront-ils ? Sont-ils capables de faire autant que les Vendéens ? Vous imaginez à Perpignan, à Collioure et à Villefranche, une exposition sur les interdictions, les destructions, les tortures et les exécutions ordonnées par Louis XI, Louis XIV et Vauban ?

C’est également le cas des panneaux métalliques posés au pied des monuments perpignanais : Castillet, Loge de Mer, Mairie, etc. que j’ai souvent critiqués. Les textes sont soit faux, soit incomplets, soit déformés. Un seul exemple. Sur le panneau de la Loge, nous lisons que « Mailly a transformé la Loge de Mer ». En fait, il a totalement démoli le magnifique plafond à caissons dorés et peints, la chapelle richement ornée de sculptures et déménagé à St Jacques le retable de la Loge. Il ne restait plus que les quatre murs et le toit. Pourquoi ? Pour fonder un théâtre en français. Pourtant, le texte a été écrit par un universitaire ; mais il n’a pas « osé » ; il a agi comme le « maître », obéissant au « directeur », suivant l’expérience de Stanley Milgram. Evidemment, nul ne détient la vérité. Moi-même, j’ai probablement écrit quelques erreurs ; Einstein a reconnu qu’il s’était trompé ; en médecine, où les progrès sont les plus spectaculaires, une découverte efface une supposition. On peut admettre des méprises sur un sujet qu’on ne connaît pas, mais lorsqu’un spécialiste fournit volontairement des informations erronées, voilà qui est difficile à admettre. Or, pour énoncer la vérité historique, l’universitaire aurait dû aller contre l’autorité en place (le Directeur dans l’expérience de Milgram) et nous avons vu que c’était un obstacle que peu de gens ont le courage de surmonter. Par contre, ceux qui sont capables de dévoiler l’histoire réelle du Pays Catalan, sont considérés comme des rêveurs, des romantiques, des tricheurs et… des ennemis de la France même. Pourtant ce sont eux qui ont sauvé de la destruction les œuvres des peintres Guerra.

Le jour où les Catalans du Nord « se seront réveillés », la partie sera gagnée : c’est LE point de départ. Pour l’instant, en observant l’apathie de notre Roussillon, l’un des départements les plus pauvres de France, la plupart d’entre nous se contente de geindre. Impossible d’engendrer de la richesse – économique, sociale, culturelle – si vous ne savez pas qui vous êtes, si vous ne créez pas, dans votre tête et dans votre cœur, la « carte d’existence ».

Alors êtes-vous prêt ? Oserez-vous ?

Si vous vous réveilliez, que feriez-vous en premier ?

Joan Villanove