Un Comité de soutien à la Catalogne créé

Plus d’une centaine de personnes étaient réunies pour la création du Comité de Solidarité.

« L’indépendance de la Catalogne sera déclarée aujourd’hui » (Font: la Semaine)

Mercredi 25 octobre. Plus de cent personnes étaient réunies hier soir au Casal de Perpignan pour la création d’un comité de soutien à la Catalogne, à l’appel de l’ANC, l’Assemblea nacional Catalana, un des moteurs du mouvement indépendantiste catalan.« Nous devons rappeler, a commencé Hervé Pi, membre de l’ANC, que nous avons deux prisonniers politiques de l’autre côté de la frontière, des hommes qui ont été arrêtés pour leurs idées. Depuis quelques années, il y a beaucoup d’agressions, de répressions de la part de l’Etat central espagnol. Cela s’est amplifié. Ce mois de septembre, plus de 700 maires ont été menacés de poursuite pour vouloir organiser un référendum. Le 20 septembre, la Guardia civil a arrêté 14 responsables politiques ou administratifs de la Generalitat. Le 1er octobre, l’Etat espagnol a perdu une bataille parce qu’il y avait des urnes pour le référendum qu’il voulait interdire et beaucoup de violences. Lundi dernier, cela fait huit jours, deux présidents d’associations pacifiques ont été emprisonnés et sont toujours détenus. L’Etat continue de menacer avec le 155, menace l’Education, la police catalane, les médias. Tout cela nous fait dire que la répression n’est pas finie, qu’elle va continuer. C’est pourquoi nous créons un comité de solidarité. Les actions que nous mènerons seront claires. Tant qu’il y aura des menaces et des répressions nous aurons à agir. Jusqu’à présent, nous avons fait quelques manifestations, c’est bien mais cela ne suffit plus ».

« Au fur et à mesure que la répression avance, nous prenons conscience de notre force, a poursuivi Francesc Bitlloch, membre de l’ANC également. Le 1er octobre, malgré les attaques, nous avons été capables de voter, de faire preuve de dignité face à la violence de l’Etat. Ce que nous pouvons dire, c’est que chaque fois qu’il y aura répression, il y aura des actions »

« Ce qui important, c’est que le peuple catalan sache qu’il n’est pas seul, a continué pour sa part Joan Ridaura. Il y a beaucoup de fausses nouvelles répandues. Quand des gens à l’Union Européenne disent que les agressions du 1er octobre sont fausses. Quand dans les écoles, on dit que l’on apprend toutes les langues sauf le castillan. C’est faux. Il y a une manipulation des médias espagnols, qui ont même provoqué des réactions des journalistes à TVE ». Un échange a suivi avec les personnes présentes. « Il faut rallier tous les démocrates » a souhaité Pere Manzanares, d’Omnium Cultural. « Les détentions des deux « Jordis » sont des détentions provisoires, car, selon la juge, il y a risque de récidive. Cela semble illégal par rapport au droit international et au droit espagnol. Je pense que l’on doit insister là-dessus auprès d’associations internationales comme Amnesty International » a indiqué l’ex-avocat, Pierre Becque.

« Nous devons a priori travailler sur cinq axes, a repris Francesc Bitlloch : travailler sur l’information, sur les aspects juridiques, sur la question économique, sur la visualisation de nos actions de solidarité et enfin obtenir que les élus et les maires des Pyrénées-Orientales se manifestent ».

Des maires dont quelques uns étaient présents comme Francis Manent, maire de Saint André, président de l’association Siocat qui réunit une centaine de maires des P.O. et qui a déjà manifesté son soutien aux élus catalans du Sud. Mais aussi André Bordanell, maire de Maureillas qui a affirmé : « J’étais un Européen convaincu, jusqu’ici. Aujourd’hui je ne sais pas à quoi joue l’Europe. Ce que l’on voit est indigne pour un démocrate ». Nicolas Garcia, ex-maire d’Elne et patron du PCF 66 a proposé que « les maires fassent citoyens d’honneur de leurs communes les deux Jordis », Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, actuellement emprisonnés.

Des formulaires d’inscription ont été fournis aux personnes présentes. Une cotisation annuelle de 30 € a été demandée pour alimenter une caisse de résistance « dont on espère qu’elle ne servira pas » a expliqué Hervé Pi qui a affirmé plus tard « Demain (jeudi 26 octobre. NDLR), l’indépendance de la Catalogne sera déclarée ».

Une nouvelle réunion pour créer les ateliers de travail de ce Comité de solidarité Catalane a été programmée pour lundi prochain.

 

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