La consultation sur l’indépendance de la Catalogne signe l’échec de Rajoy

Symbolique, mais attendu par de nombreux Catalans et de nombreux observateurs de la vie politique espagnole, le vote sur l’indépendance de cette région, organisé dimanche 9 novembre, a mobilisé près de 2 millions de personnes. Selon les résultats provisoires, diffusés dans la nuit de dimanche à lundi, le « oui » recueille plus de 80 %.Pour le quotidien ABC, il s’agit surtout d’une « farce ». Un jugement que le journal étaie en donnant les « véritables chiffres » du scrutin. Selon lui, seul un tiers des élécteurs potentiels se sont rendus aux urnes, ce qui affaiblit considérablement la portée des résultats. « On s’attendait un raz de marée de ce type », écrit ABC. Pourtant, si l’on considère que les mineurs de plus de 16 ans, mais aussi les expatriés ou encore les étrangers installés dans la région étaient conviés à ce scrutin, alors le nombre d’inscrits dépasse les 6,3 millions. Or, au cours du dernier scrutin officiel sur l’autonomie de la région, 3 668 310 catalans se sont déplacés, soit 67,75 % des électeurs. « Sans qu’une partie des mineurs ou des étrangers ne soient autorisés à voter, précise le quotidien. Autrement dit, la dernière fois que les Catalans sont allés aux urnes, ils étaient presque deux fois plus nombreux que lors de la simulation d’indépendance. »

« EN FINIR AVEC L’IMMOBILISME »

Mais la majeure partie des médias espagnols ne partagent pas cette lecture. De son côté, le journaliste Luis Herro souligne dans Libertad, que le vote de dimanche, contrairement aux déclarations de Madrid, aura des conséquences réelles sur le pays. Aussitôt après la diffusion des chiffres de participation, le ministre de la justice, Rafael Catala, avait dénoncé un acte « de propagande stérile et inutile », sans « validité démocratique ».