Après la parodie de justice,

 la parodie de démocratie et la limitation de la liberté de la presse en Espagne

Le lundi 20 mai, les prisonniers politiques catalans ont été transportés menottés et surveillés par la police au Congrès des députés et au Sénat pour prendre possession de leur siège de parlementaires. Bien qu’ils aient été élus aux élections générales du 28 avril, le Tribunal Suprême ne reconnaît pas leur immunité parlementaire et leur interdit de pouvoir assister librement à la séance d’investiture Continue reading

Campagne éléctorale depuis la prison

sur fond de mensonges et de répression politique

BARCELONE.- Dixième semaine du procès de Madrid (33 jours d’audience). Le procès de Madrid contre les indépendantistes catalans continue son défilé de témoignages policiers tous formatés sur le même modèle de la description de « violences insurrectionnelles organisées » et utilisant le même vocabulaire, les mêmes expressions. Continue reading

Procès de Madrid : les mensonges flagrants se multiplient

Huitième semaine du procès de Madrid (27 jours d’audience). Le procès de Madrid contre les indépendantistes catalans met chaque jour davantage en évidence le flot de mensonges flagrants et de récits fabriqués sur mesure des dizaines de témoins de l’accusation (policiers, guardias civils) qui défilent à la barre à la demande du parquet, des avocats de l’état et du parti d’extrème droite Vox, partie civile accusatoire dans le procès. Continue reading

Pour un député allemand témoin au procès, « ce qui se passe ici est une véritable folie »

Septième semaine du procès de Madrid (24 jours d’audience).

Le défilé des témoins continue à la barre du Tribunal Suprême. Dans deux directions opposées. Les guardias civils et policiers avec le soutien des accusations et du président du tribunal égrènent leurs récits (imaginaires pour les plus indulgents, et clairement manipulateurs pour d’autres) de « violences » contre les forces de l’ordre qui sont intervenues « toujours de manière proportionnelle et délicate (« exquisida » -sic) », face à des observateurs internationaux qui ont rendu compte de la détermination pacifique des électeurs et de manifestants non violents malgré les intimidations et les brutalités policières. Le député Bernhard von Grünberg a déclaré à la sortie du tribunal que le « ce qui se passe ici est une véritable folie ». [Interview complète à Vilaweb]. Quant a la britannique Helena Catt, elle n’a pas pu répondre aux questions de la défense sur les violations de droits de l’homme constatées le 1er octobre pendant le référendum et consignées dans son rapport, le juge Marchena interrompant son témoignage qualifié de « non pertinant ».

Le témoin le plus attendu -et médiatisé par la presse espagnole- a été sans conteste le lieutenant colonel de la Guardia Civil Daniel Baena, en charge du commandement des opérations policières en Catalogne et des rapports sur la situation. Le vocabulaire employé par les témoins de l’accusation a indubitablement changé de registre pour correspondre encore davantage aux charges des accusés. Les officiers espagnols parlent désormais de « climat clairement insurrectionnel » et de « situation qui était une vraie poudrière qui aurait pu dégénérer en une escalade incontrolable » ou encore de « masse humaine » qui s’oppose à la police. Ce qui permettait à la presse catalane de titrer ironiquement cette semaine : « Insurrection sans incident »… Le même officier Baena a nié devant le tribunal être l’auteur d’insultes et d’attaques contre les indépendantistes sur les réseaux sociaux (alors même qu’il le reconnait dans une interview diffusée dans les médias il y a quelques mois…).

Nouvelle offensive socialiste contre l’indépendantistme

L’actualité est aussi marquée par la censure des médias catalans imposée désormais à visage découvert, alors même que tous les jours le parti d’extrême droite Vox est présent au procès contre les indépendantistes, procès qui lui sert de plateforme de promotion et de diffusion de ses thèses politiques en pleine campagne électorale… La Junta Electoral Central (JEC, Commission électorale centrale) après avoir interdit aux médias catalans d’utiliser les expressions « prisonniers politiques » et « exilés », ordonne maintenant à la TV catalane de « compenser » les partis espanyolistes en leur consacrant du temps d’antenne pour avoir informé de la manifestation indépendantiste de Madrid. La même JEC qui avait sommé toutes les institutions catalanes de retirer les banderoles et symboles faisant référence aux prisonniers politiques et qui a porté plainte pour désobéissance contre le président catalan Quim Torra. La Commission a même fait retirer la banderole de la mairie de Port de la Selva qui avait affiché le message « Llibertat, peixos pacífics » (Liberté pour les poissons pacifiques). De nombreux journalistes, mais aussi juristes, contestent la légalité de ces décisions et dénnoncent désormais ouvertement une limitation flagrante et partisane de la liberté de la presse en Espagne.

Le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Borrell s’énerve face au journaliste de Die Deutesche Welle lors d’une interview télévisée et les images de l’interview tournent en boucle sur les réseaux sociaux. José Borrell, interrogé sur l’inaction du gouvernement espagnol et sur la répression de la crise catalane a interrompu deux fois l’émission, a traité de menteur le journaliste et a réfusé de répondre, visiblement très énervé. Le gouvernement espagnol a justifié et soutenu son attitude comme nécessaire pour défendre la dignité de l’Espagne.

Par ailleurs de nouvelles tensions diplomatiques se sont faites jour avec la France après qu’ait été rendu public le manifeste de 41 sénateur français en faveur de la liberté des prisonniers politiques catalans, de la démocratie et des libertés fondamentales. François Calvet, sénateur nord-catalan, ainsi que plusieurs maires de Catalogne Nord, ont été abondamment interviewés -en catalan- par les médias sudcatalans. L’initiative a motivé une protestation officielle de la justice espagnole et une réponse de la ministre française des Affaires européennes en soutien … du gouvernement espagnol. On apprenait aussi cette semaine que le Conseil régional de Toulouse avait voté une motion demandant la liberté des prisonniers politique et le respect de la démocratie, ce qui contribue encore à irriter les autorités espagnoles.

La campagne électorale espagnole monte en puissance avec una petite manifestation de l’extrême droite Vox à Barcelone (5000 personnes) et les nouvelles menaces de Pedro Sanchez d’appliquer à nouveau l’article 155 pour suspendre l’autonomie catalane, ce que demande à grands cris l’opposition de droite (Ciudadanos et PP) et d’extrême droite (Vox), si la Generalitat prenait des décisions unilatérales.

« Comprendre la crise catalane »

Lecture recommandée : Comprendre la crise catalane, ouvrage de l’historien de l’Université de Perpignan Nicolas Marty qui samedi 23 març a participé à l’émission de France Culture Répliques, affrontant deux anti-catalans Alain Fienkelkraut et Benoit Pellistrandi. Son travail clair, précis, objectif et mesuré -en français- est une référence indispensable pour tout francophone qui s’intéresse à la question catalane. Le livre vient de sortir aux Éditions Cairn.

Information quotidienne du procès, détaillée, en français, dans L’Indépendant catalan de Perpignan 

Alà Baylac-Ferrer

Des gardes civils « agressés par des regards haineux »

et interdiction par le juge de visionner les vidéos.

Sixième semaine du procès de Madrid (20 jours de séances et les visages fatigués des prisonniers obligés d’être présents de 8 heures à 20 heures pour entendre les comparaisons qui illustrent les conséquences de ce procès pour le mons insolite). Les interrogatoires des témoins continuent. Le numéro 2 du ministre espagnol des Finances, Felipe Martinez Rico, sous-secrétaire aux Finances, n’a pu montrer aucune malversation ni paiement irrégulier de la Generalitat pendant la période où les finances catalanes étaient strictement sous le contrôle du gouvernement espagnol, malgré les tentatives incessantes des accusations (procureur et avocat de l’État) de suggérer et de faire dire au témoin que des paiements “irréguliers” liés à des “activités illégales” étaient toujours possibles. Continue reading

Grande manifestation pour l’indépendance en plein Madrid

La cinquième semaine du procès contre les indépendantistes catalans a été marquée par la la déclaration du commandant des Mossos d’Esquadra, Josep Lluís Trapero, par l’interdiction faite par le président du tribunal de visionner les vidéos des manifestations et surtout par la manifestation des Catalans à Madrid en signe de protestation pour la répression, manifestation qui connut un franc succès. Continue reading

Le procès contre les indépendantistes se dirige vers une impasse politique

Lors de la quatrième semaine du procès contre les indépendantistes catalans, les témoins continuent de défiler (500 prévus) à la barre. À souligner cette semaine le principal témoin à charge, le lieutenant-colonel de la Garde civile, Diego Pérez de los Cobos, chargé depuis 2017 d’une commission de suivi du mouvement souverainiste catalan et envoyé du gouvernement espagnol à Barcelone à l’automne 2017, pour coordoner les forces de police, les 6 000 «piolins» (‘titis’ en français, surnom donné par les médias à cause du ferry sur lequel était peint le célèbre canari) hébergés dans des hôtels et les ferrys amarés au port de Barcelone ou plutôt les commander. Continue reading

Les déclarations scandaleuses du ministre de l’Intérieur

qui ne se rappelle de rien et “ne contrôlait rien” lors du référendum.

Le neuvième jour du procès, le jeudi 28 février, contre les indépendantistes catalans, ont continué à défiler à la barre les témoins : Iñigo Urkullu, président (lehendakari) du Pays basque, Gabriel Rufián (député d’ERC aux Cortes espagnoles) ), Albano Dante Fachín, ex-député au Parlement de Catalogne, Ernest Benach, ex-président (ERC) du Parlement de Catalogne, Juan Ignacio Zoido, ex-ministre de l’Intérieur de Rajoy, Xavier Domènech (ex-député Podem), Josep Ginesta, secrétaire général du Travail de la Generalitat, Francesc Iglésies, secrétaire aux Affaires sociales de la Generalitat, Adrià Comella, secrétaire de la Generalitat (les trois poursuivis par la justice n’ont pas voulu déclarer). Continue reading