La « junta de comerç » de Barcelona.

La junta de comerç est fondée par des négociants et des financiers et obtient, du nouveau roi Ferdinand VI, l’autorisation de créer, en 1756, la « Réal Compañia de Comercio de Indias », sous la protection de Notre Dame de Montserrat. Les Catalans interdits d’Amérique depuis 250 ans se frottent les mains. Oui ! Deux siècles et demi de privations !

Les premiers voyages sont prévus à Sant Domingo, Puerto Rico, la Margarida ; mais il faut obligatoirement partir de Cadix pour payer les droits. Ci-contre le port de Cadix au XVIII° siècle.

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La représentation des Nations.

Les Fêtes Nationales et les Hymnes Nationaux.

«Décris-moi la fête nationale de ton pays, et je te dirai comment on y vit».

Dès qu’un Etat est constitué, les fondateurs mettent en place des institutions plus ou moins libérales ou autoritaires pour assurer sa survie. La Fête Nationale représente le reflet des valeurs de leur nation… Pour caricaturer, les symboles seront-ils des fleurs ou des fusils ?

Souvenons-nous des défilés militaires sur la Place Rouge à Moscou du temps de l’URSS : des milliers d’hommes, des centaines de canons, des dizaines de fusées paradaient devant les autorités soviétiques. Il fallait démontrer aux populations que leurs privations n’étaient pas inutiles et, de plus, il fallait terrifier les ennemis qui enviaient la prospérité du régime. Continue reading

Le peuple franc ?

Ames sensibles s’abstenir…

1 – Les Gaulois ?

Contrairement à l’histoire enseignée dans les écoles, la Gaule n’est pas le Pays des Celtes mais une conception administrative romaine « Gallia transalpina ». A partir de là, les « gouvernants français » ont osé écrire que ses habitants étaient les « Gaulois » et qu’ils formaient un peuple homogène. Or, voici comment Jules César décrit sa conquête :

« Le Pays Gaulois dans son ensemble est divisé en trois parties : l’une est habitée par les Belges, une autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur propre langue sont appelés Celtes. Tous ces gens diffèrent les uns des autres dans la langue, les institutions et les lois. »

Il s’ensuit que la carte des Pays des Gaules décrite par les Romains dépasse largement les limites de l’hexagone actuel ; il faudrait y ajouter la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et une partie de l’Allemagne. Continue reading

Louis XIV et ses sujets.

1 – Lettre de Fénelon à Louis XIV :

(1651-1715)

« Votre peuple, Sire, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui vous a été toujours dévoué, est en train de mourir de faim. Plutôt que de le saigner à blanc, vous feriez mieux de le nourrir et de le chérir ; la France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provisions. Vos sujets croient que vous n’avez aucune pitié de leurs souffrances, que vous n’avez d’autre souci que le pouvoir et la gloire. »

2 – Que se passait-il donc dans le royaume de France ?

Un hiver rigoureux en 1692, et une mauvaise récolte l’année suivante provoquent une famine effroyable : entre un million et demi et deux millions de morts sur une vingtaine de millions d’habitants ! Soit plus de morts que pendant la première guerre mondiale dans les rangs français. Depuis son fastueux château de Versailles, Louis XIV tente de résoudre le problème en interdisant l’exportation de blé… Mesure dérisoire. Pire.

Louis XIV, étant toujours en guerre, doit augmenter les impôts : surtout la taille.
En 1695, il en invente un autre : la capitation qui restera en vigueur jusqu’en 1789.

A Paris, le lieutenant général de la police fait construire une trentaine de fours pour nourrir à bon marché les Parisiens affamés. On a décrit les cris, les disputes, les rixes… pour un bout de pain. Ne soyons pas étonnés si Charles Perrault écrit en 1697 l’horrible « histoire du Petit Poucet » et de ses sept frères, abandonnés dans la forêt par leurs parents désespérés. Continue reading

Où commence le racisme ?

1 – La situation au XV° siècle

A cette époque, la péninsule ibérique était composée de trois états : le royaume du Portugal, le royaume de Castille et la Confédération (la Principauté de Catalogne, le royaume d’Aragon et le royaume de Valéncia – chacun avec ses lois propres, ayant un même souverain descendant de Guifré el Pelós mort en 897) Environ 103.000 km².

En 1469, Isabelle de Castille épouse Ferdinand souverain de la Confédération: il s’agit d’un «mariage à titre personnel», qui n’implique pas l’union des deux Etats; donc pas d’unité de l’Espagne, contrairement à ce qui est souvent dit. Continue reading

Nos langues…

En 1949, le Conseil de l’Europe avait fait de la sauvegarde et du développement des Droits de l’Homme l’un des objectifs prioritaires, et cela concernait aussi les minorités linguistiques.

Dès 1957, l’Assemblée parlementaire (qui portait à l’époque le nom d’Assemblée consultative) vote la résolution n° 137 en faveur de la protection des minorités nationales. La Charte est rédigée en 1988. Elle est définitivement adoptée le 25 juin 1992.

En 1993, la Norvège a été le premier Etat à ratifier la Charte Européenne pour les deux langues : le kvène, le lapon. Continue reading

Pour des siècles…

Les pays vainqueurs estiment détenir la vérité. Pas tous les pays, heureusement

1 – Penchons-nous sur l’Angleterre.

Lors de la cérémonie du couronnement, le futur souverain – reine ou roi – doit prendre des engagements. Le 2 juin 1953, Elisabeth, dans l’abbaye de Westminster, dut promettre de respecter les lois (quelques-unes de la Grande Charte de 1215). L’archevêque de Cantorbéry lui dit :

« Promettez et jurez solennellement de gouverner les peuples du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de l’Union d’Afrique du Sud, du Pakistan, de Ceylan et de vos possessions et autres territoires selon leurs lois et coutumes respectives.  »

Elisabeth répondit : «Je le promets solennellement».
Oui, vous avez bien lu «… selon leurs lois et coutumes respectives

2 – Et dans le royaume de France ? Continue reading

Echanger le Roussillon ?

Habituellement, on entend dire, comme on nous l’a répété mille fois, que le traité des Pyrénées imposé en 1659 « attache le Roussillon et la Cerdagne au royaume de France ». « Attaché ? » Nous allons voir ce qu’il faut en penser. En période de guerre, une région conquise peut être soit abandonnée, soit reprise, soit échangée au traité de paix suivant. C’est courant et pratiqué souvent.

Citons un exemple. Après de longues années de guerre menées par Henri IV, puis par Louis XIII, la Franche-Comté est conquise par Louis XIV. Bilan ? Des dizaines de villes ont été incendiées, 150 villages rasés ont disparu de la carte, 70 châteaux ont été brûlés… En 1614, la Franche-Comté comptait 405.000 habitants, en 1657 seulement 160.000. Et pourtant, cette conquête cher payée est échangée ; en 1668, lors du traité d’Aix-la-Chapelle, Louis XIV échange la province de la Franche-Comté contre trois villes au nord de Lille : Ath, Charleroi et Tournai [en Belgique aujourd’hui]. Une vaste région contre trois villes ? Pour quelles raisons ? Continue reading

EN QUOI L’INDÉPENDANCE EST POUR LA MOITIÉ DE LA POPULATION CATALANE LA SEULE ISSUE PERTINENTE ET ACCEPTABLE ?

Fondements historiques de cette conviction.

Cette conférence préparée en février 2020 (auteur en fin de texte), était prévue fin mars à Perpignan, en introduction d’un débat café-Diplo (initiative des Amis du Monde diplomatique de Perpignan).

Retardée du fait du confinement Covid-19, le texte de base en est publié en Mai, avant l’été. La conférence permettant débat sera annoncée dés que possible, introduite par un support dynamique décliné de ce document.

Bon cop de falç !

Bon cop de falç, defensors de la terra !

Bon cop de falç !

(refrain de « Els Segadors », version officielle de l’hymne de la Catalogne indépendante depuis 1899, la version traditionnelle datant de 1640). Continue reading